Des femmes indiennes, portant la robe traditionnelle Punjabi, dansent pour célébrer la Journée des femmes, à Amritsar, en Inde.

La Journée des femmes célébrée dans le monde

Une manifestation féministe jusque dans l'enceinte du Kremlin, des mimosas dans les rues d'Italie ou encore un «jour sans femmes» aux États-Unis : la Journée internationale des droits des femmes a été diversement célébrée mercredi dans le monde.
À Moscou, un groupe de féministes a été brièvement interpellé après avoir manifesté dans l'enceinte du Kremlin pour réclamer davantage de droits pour les femmes en Russie, où cette fête est plus associée à la féminité qu'à la lutte pour l'égalité des sexes. Il est d'ailleurs coutume d'offrir des fleurs à ses mères, épouses, amies et collègues.
«Le féminisme est notre idée nationale», proclamait une bannière tenue par deux militantes qui sont montées jusqu'au balcon de l'une des tours du Kremlin.
À Kiev, un millier de personnes ont également défilé appelant à revenir aux origines féministes de la Journée des femmes, qui reste depuis l'époque soviétique l'une des principales fêtes dans la plupart des ex-républiques de l'URSS.
«Jour sans femmes»
Aux États-Unis, le mouvement des «Marches des femmes», organisées au lendemain de l'investiture du président Donald Trump en janvier, avait appelé à un «jour sans femmes» le 8 mars. À Washington, beaucoup avaient choisi d'aller travailler, mais portaient du rouge en signe de soutien au mouvement. En revanche, cet appel à la grève au travail et à la maison a été si bien suivi à Alexandria, en Virginie, que la ville a été contrainte de fermer toutes ses écoles. Donald Trump a lui fait part mardi de son «immense respect» pour les femmes et salué leur «rôle crucial [...] en Amérique et dans le monde entier».
Mais les messages du président américain sur Twitter ont provoqué des réactions outrées sur le réseau social, où les utilisateurs lui ont rappelé ses propos misogynes, les accusations d'agression sexuelles, et sa position controversée sur l'avortement qu'il a tenus pendant la campagne présidentielle.
Dans les rues de Rome, rameaux et guirlandes du mimosa ont triomphé jusque devant le palais présidentiel à Rome : ces boutons jaunes ayant été choisis par les femmes italiennes dès 1946 comme symbole du 8 mars.
La ville australienne de Melbourne avait elle choisi de remplacer les bonhommes traditionnels sur dix feux tricolores par des personnages féminins vêtus de robes.
À Dacca, capitale du Bangladesh, une quinzaine de survivantes d'attaques à l'acide ont arpenté un podium à l'occasion d'un défilé de mode, initiative destinée à dénoncer les discriminations que subissent les victimes de ces agressions dans cette société conservatrice.
Des jeunes filles ayant survécu à des attaques à l'acide défilent lors de l'événement «La beauté redéfinie», à Dacca, au Bangladesh.
À New Delhi, ce sont des dizaines de jeunes femmes en tenue blanche qui ont participé à une démonstration d'autodéfense : combat rapproché avec un agresseur ou encore brique de plâtre brisée d'un coup de poing.
Manifestations
Dans plusieurs pays d'Amérique latine comme l'Argentine, le Guatemala, le Brésil et l'Uruguay, des manifestations contre les violences machistes ont eu lieu. Dans cette région, plusieurs cas de meurtres sauvages ont fait sortir ces derniers mois des milliers de femmes dans la rue, marquant une nouvelle prise de conscience, notamment grâce aux réseaux sociaux.
Au Brésil, l'aéroport international de Rio de Janeiro Antonio Carlos Jobim a changé symboliquement de nom, prenant pour dix jours celui d'une militante contre la violence domestique, Maria da Penha. Autre initiative, deux vols de la compagnie aérienne locale GOL devaient voler avec des équipages entièrement féminins.
À Paris, l'Alliance des femmes pour la démocratie et les Éditions des femmes ont lancé un appel pour dédier la journée du 8 mars à la romancière turque Asli Erdogan, qui encourt la prison à perpétuité. Interdite de sortie du territoire dans l'attente de la troisième audience du procès pour appartenance à une «organisation terroriste», intenté par les autorités turques en raison de ses écrits dans un journal pro-kurde, la romancière fêtait ses 50 ans mercredi.