Le blocage des raffineries par les manifestants opposés à la réforme du travail force la France à piger dans ses réserves stratégiques de pétrole.

La France forcée de piger dans ses réserves de carburant

La France a commencé à piger dans ses réserves de carburant en réponse à une pénurie causée par des grèves et des manifestations liées à une réforme du milieu du travail.
Les syndicats ciblent cette semaine les réservoirs d'essence, les chemins de fer et le réseau électrique du pays pour tenter de contraindre le gouvernement à renoncer à cette réforme, qui vise à rendre la France plus concurrentielle mondialement en allongeant la semaine de travail et en facilitant les mises à pied.
Les détracteurs de la réforme prétendent qu'elle ne fera qu'enrichir les patrons sans pour autant créer les emplois promis.
Le leader du syndicat de l'Union française des industries pétrolières (UFIP) a déclaré mercredi sur les ondes de la radio RMC que le gouvernement autorise le recours aux réserves de carburant depuis deux jours.
Francis Duseux a précisé que le pays dispose, au besoin, de trois mois de réserves. Il a reconnu que la situation est «tendue», ce qu'il attribue à la panique des automobilistes qui achètent tout par crainte de manquer d'essence. La demande est si forte que les raffineries sont incapables d'y répondre, a-t-il dit.
Les syndicats ont paralysé des raffineries et des sites pétroliers à travers le pays pour tenter d'immobiliser automobiles et camions. Les employés du port pétrolier de Le Havre prévoient débrayer jeudi pour interférer avec les importations.
Police antiémeute
La police antiémeute est intervenue mercredi dans le nord du pays pour forcer la réouverture de la raffinerie de Douchy-les-Mines, qui était fermée depuis plusieurs jours, a déclaré un chef syndical sur les ondes de la télévision BFM.
Les chefs de train ont eux aussi débrayé pour une journée mercredi. Le transporteur ferroviaire national SNCF a dit que le quart des trains à grande vitesse (TGV) ont été immobilisés, tout comme un pourcentage comparable de trains régionaux ou de banlieue.
Les employés des centrales nucléaires du pays - qui produisent la majeure partie de l'électricité française - débraieront également jeudi. Le fournisseur Électricité de France n'a pas voulu commenter.
Bloquer les centrales nucléaires aussi
La Confédération générale du travail - dont l'aile gauche radicale est à l'origine du mouvement de contestation - menace de bloquer le redémarrage prévu pour mercredi d'un réacteur de la centrale de Nogent-sur-Seine, au sud-est de Paris. Ce réacteur avait été fermé pour des raisons techniques.
Le gouvernement du président François Hollande a déjà dilué sa réforme en réponse aux préoccupations des syndicats, mais il refuse d'y renoncer. Les ministres français ont promis de continuer à faire appel à la police pour assurer l'alimentation en carburant du pays.