À Paris où seulement la réouverture des terrasses est autorisée (comme dans toutes les zones oranges), la mairie a annoncé que bars, cafés et restaurants pourraient s’étendre gratuitement sur une partie de l’espace public: trottoirs, places de stationnement voire quelques rues fermées à la circulation.
À Paris où seulement la réouverture des terrasses est autorisée (comme dans toutes les zones oranges), la mairie a annoncé que bars, cafés et restaurants pourraient s’étendre gratuitement sur une partie de l’espace public: trottoirs, places de stationnement voire quelques rues fermées à la circulation.

La France à la veille de reprendre mardi une vie «presque normale»

PARIS — Les Français vivent lundi leur dernière journée à déplacements limités, à la veille de la réouverture aussi des cafés, restaurants, collèges et lycées dans la majeure partie du pays, marquant le retour à «une vie presque normale», selon les mots de leur premier ministre Édouard Philippe.

Mardi, après deux mois et demi de fermeture pour cause d’épidémie de nouveau coronavirus, bars, cafés et restaurants des «zones vertes» — toute la France métropolitaine hormis la région parisienne — sont autorisés à rouvrir, avec des règles sanitaires strictes : dix personnes maximum par table, un mètre au moins entre chaque groupe, consommation debout interdite dans les bars.

Les départements d’Ile-de-France (région parisienne) et de Mayotte (océan Indien) ainsi que la Guyane française (Amérique du Sud) sont, eux, en «zone orange» du fait de leur situation sanitaire.

Un peu partout, les restaurateurs se préparent pour ce moment tant attendu, comme à Strasbourg, au célèbre restaurant la Maison Kammerzell.

«On a passé plusieurs heures à tout nettoyer» et faire la chasse au coronavirus. Lundi, on a une seconde désinfection COVID, encore plus poussée», affirme à l’AFP Théo Stutzmann, maître d’hôtel.

Le masque est obligatoire pour les serveurs et pour les clients qui voudront aller aux toilettes. «On a tous demandé une fois la salière à un voisin de table. Là, ce ne sera plus possible», ajoute M. Stutzmann.

«Optimisme» mesuré

«C’est l’optimisme qui règne aujourd’hui», assure Hervé Becam, vice-président confédéral de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih). «Les standards ont commencé à clignoter, les réservations sont en train de se faire».

«On peut rouvrir, mais économiquement ce ne sera pas rentable, on le sait très bien», tempère Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants hôtellerie, restauration et traiteurs (GNI). Selon une enquête menée par cet organisme, environ 17 % des restaurateurs ont affirmé ne pas être en mesure de rouvrir. Certains vont attendre septembre.

À Paris où seulement la réouverture des terrasses est autorisée (comme dans toutes les zones oranges), la mairie a annoncé que bars, cafés et restaurants pourraient s’étendre gratuitement sur une partie de l’espace public : trottoirs, places de stationnement voire quelques rues fermées à la circulation.

La candidate Les Républicains (opposition de droite) à la mairie de Paris Rachida Dati a toutefois prédit des «tensions» avec riverains et piétons.

La réouverture de l’ensemble des plages mardi est également attendue avec impatience, de la Manche à la Méditerranée.

La limitation des déplacements, à 100 kilomètres maximum du domicile, va également être levée mardi. Comme, bientôt, la restriction d’un siège sur deux dans les trains.

Tous les écoles et collèges de France métropolitaine vont rouvrir, ainsi que les lycées des départements classés verts, mais de manière progressive.

Si l’économie reprend un peu de souffle depuis le début du déconfinement le 11 mai, elle ne retrouvera pas avant longtemps son niveau d’avant-crise en raison notamment d’une récession historique.

Le chômage a bondi de 22 % en avril avec 843 000 demandeurs d’emploi supplémentaires.

Et le marché automobile français a encore plongé en mai, de 50,34 %, les constructeurs discernant toutefois de premiers signes de reprise, selon des données publiées lundi.

Sur le plan sanitaire, la COVID-19 a tué 28 833 personnes en France (+31), selon le dernier bilan publié lundi soir. Le nombre de patients en réanimation continue lui à diminuer (1302, soit 17 en moins). C’est ce ralentissement de l’épidémie qui a permis au gouvernement de donner son feu vert à la levée de nouvelles restrictions.

Mais pour les experts, la seconde phase de déconfinement ne signifie pas qu’on doit baisser la garde.

«Revivre comme avant l’épidémie? Non, pas encore», a affirmé Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique consulté par l’exécutif sur les questions relatives à la COVID-19.

«Je ne parlerai pas d’extinction, car le virus va rester, mais une baisse significative [de sa propagation] est en cours», a-t-il dit lors d’une émission radio-télévisée.