Le peintre Kaya Mar montre sa toile représentant la première ministre Theresa May devant la Cour suprême britannique.

La Cour suprême ajoute un obstacle au Brexit

Le gouvernement britannique devra obtenir l'approbation du Parlement avant de lancer les négociations de sortie de l'Union européenne (UE), a tranché mardi la Cour suprême britannique, un revers pour la première ministre Theresa May.
Ses services ont toutefois réagi en affirmant que cette décision ne changeait «rien» à sa détermination de lancer la procédure de divorce d'avec l'UE avant fin mars.
«Les Britanniques ont voté pour quitter l'UE et le gouvernement leur donnera satisfaction en activant l'article 50 [du Traité de Lisbonne] avant la fin mars, comme prévu. Le jugement d'aujourd'hui n'y change rien», a déclaré un porte-parole dans un communiqué.
Dans la foulée, le ministre du Brexit, David Davis, a affirmé devant les députés qu'un projet de loi «simple» sera présenté au parlement «dans les prochains jours» et «sera adopté à temps» pour tenir ces délais.
Pas sans une loi
La Cour suprême a tranché «par une majorité de 8 contre 3 [...] que le gouvernement ne pouvait pas activer l'article 50 sans une loi votée au Parlement l'autorisant à le faire», a énoncé leur président, David Neuberger.
«Procéder autrement constituerait une violation des principes constitutionnels» britanniques, a-t-il ajouté.
Les onze juges ont par ailleurs décidé à l'unanimité qu'il était inutile de consulter les parlements régionaux d'Écosse, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord.
Du côté des plaignants à l'origine du recours, David Greene, l'avocat du coiffeur Deir Dos Santos, a qualifié la décision des juges de «victoire pour la démocratie et l'État de droit».
Si Theresa May ne dispose que d'une étroite majorité à la chambre des Communes, elle ne devrait néanmoins pas avoir de difficultés à faire voter le parlement en faveur du déclenchement des négociations, d'autant plus que le Labour, principal parti d'opposition, a répété mardi sa promesse de ne pas le bloquer.
Dans l'urgence
Robert Hazell et Alan Renwick, deux experts du centre de recherche sur les changements constitutionnels, rattaché à l'University College de Londres, ont eux prédit que le gouvernement présenterait «un projet de loi succinct, avec probablement juste une ou deux clauses, qu'il va chercher à faire adopter en urgence».
«Le Brexit ne va pas être stoppé par la décision de la Cour» mais «les députés et lords pourraient utiliser les débats [...] pour contraindre le gouvernement à faire des rapports réguliers devant le parlement sur les progrès dans les négociations», ont-ils jugé.