L'émissaire de Pyongyang aux Nations unies, Kim In Ryong a annoncé lundi qu'un nouvel essai nucléaire était en préparation.

La Corée du Nord prête à tout

La Corée du Nord est prête à répondre à «n'importe quel type de guerre» déclenchée par les États-Unis et se prépare à un nouvel essai nucléaire, a affirmé lundi l'émissaire de Pyongyang aux Nations unies, après plusieurs avertissements lancés par l'exécutif américain.
«Si les États-Unis osent choisir l'action militaire [...], la RPDC [République populaire démocratique de Corée, NDLR] est prête à réagir à n'importe quel type de guerre voulue par les États-Unis», a déclaré l'ambassadeur adjoint à l'ONU, Kim In Ryong.
«Nous prendrons les mesures de représailles les plus dures devant les provocateurs», a-t-il ajouté.
Au lendemain d'un tir raté de missile balistique, l'émissaire nord-coréen a confirmé qu'un nouvel essai nucléaire était en préparation.
«En ce qui concerne l'essai nucléaire, il a déjà été annoncé publiquement. C'est quelque chose que notre administration centrale a décidé. Il aura lieu quand et où l'administration centrale le jugera nécessaire», a-t-il déclaré.
Le régime communiste est sous le coup de plusieurs volées de sanctions à cause de ses programmes nucléaire et balistique, bannis par l'ONU. Il ambitionne notamment de développer un missile balistique intercontinental (ICBM) capable de porter le feu nucléaire sur le continent américain. En 2016, il a multiplié les tirs de missiles et procédé à deux essais nucléaires.
«Légitime défense»
Devant la menace d'une action militaire américaine, la Corée du Nord a adopté des mesures «de légitime défense», a souligné Kim In Ryong, précisant que celles-ci reflétaient la volonté de Pyongyang de «répliquer en espèce aux bombes nucléaires et aux ICBM» (missiles balistiques intercontinentaux).
Il a aussi critiqué la frappe punitive des États-Unis en Syrie la semaine dernière, en réponse à une attaque chimique imputée au régime syrien, estimant que Washington avait recours à une «logique de gangster» et que sa réaction pourrait s'appliquer aussi à la péninsule coréenne.
Le vice-président des États-Unis, Mike Pence, a recommandé lundi à Pyongyang de ne pas éprouver la «détermination» de Donald Trump sur la question nucléaire ni la puissance de l'armée américaine, lors d'une conférence de presse à Séoul.
Le vice-président américain Mike Pence lors de son arrivée à Panmunjom, dans la zone démilitarisée entre les deux Corées.
Il avait plus tôt effectué une visite très symbolique de la zone démilitarisée entre les deux Corées, où il a affirmé que «toutes les options» étaient «sur la table» pour régler le problème nord-coréen.
Donald Trump a conseillé lundi au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un de «bien se tenir», en réponse à une question d'un journaliste lancée en pleine chasse aux oeufs de Pâques à la Maison-Blanche. 
«Initiative dangereuse»
Washington avait annoncé le 8 avril l'envoi vers la péninsule coréenne du porte-avions Carl Vinson, escorté par trois navires-lance-missiles, le président américain évoquant jeudi une «armada» comprenant aussi des sous-marins.
Cette décision montre que les «initiatives dangereuses des États-Unis visant à une invasion de la RPDC sont entrées dans une phase sérieuse», a encore déclaré l'ambassadeur adjoint nord-coréen. Kim In Ryong a assuré que Pyongyang tiendrait les États-Unis «responsables des conséquences catastrophiques provoquées par leurs actions scandaleuses».
Donald Trump participait lundi à son premier «Egg Roll» à la Maison-Blanche, une tradition lors de la fin de semaine de Pâques.
Le porte-parole de l'ONU Stephane Dujarric a séparément exprimé son inquiétude à propos de la montée de la tension sur la péninsule coréenne, et jugé «troublant» le test raté de missile dimanche par Pyongyang. Il a exhorté la Corée du Nord à «prendre toutes les mesures nécessaires pour désamorcer la situation et à revenir au dialogue et à la dénucléarisation».
Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson présidera la semaine prochaine une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Corée du Nord.