La professeure canado-iranienne Homa Hoodfar est arrivée à Montréal jeudi matin.

La Canado-Iranienne Homa Hoodfar arrive à Montréal

Des amis et des membres de la famille de la professeure canadienne Homa Hoodfar, qui vient tout juste d'être libérée cette semaine d'une prison iranienne, l'ont accueillie avec des cris de joie et des fleurs à son arrivée à l'aéroport de Montréal jeudi matin.
La femme de 65 ans, qui enseignait à l'Université Concordia, est arrivée à l'aéroport Montréal-Trudeau après avoir croupi pendant quatre mois dans la sinistre prison d'Evin, à Téhéran.
«C'est fantastique d'être de retour à la maison», a-t-elle lancé devant ses proches et des dizaines de journalistes.
Mme Hoodfar est apparue souriante dans la section des arrivées internationales, mais elle semblait fragile.
Toute vêtue de noir, mais les épaules enveloppées d'un châle orange, la femme d'origine iranienne a déclaré se sentir faible et frêle, mais espère que son état de santé va se rétablir maintenant qu'elle est à la maison.
«C'est incroyable d'être dans un endroit où vous vous sentez en sécurité, avec vos amis.»
Mme Hoodfar n'a pas voulu répondre dans l'immédiat aux questions portant sur ses conditions de détention en Iran.
Elle a même réussi à faire quelques blagues, disant notamment en riant qu'elle allait rester à Montréal pour le moment, lorsqu'elle s'est fait demander si elle pensait retourner en Iran.
Le gouvernement du Canada avait confirmé lundi sa libération. L'ex-professeure de sociologie et d'anthropologie avait alors immédiatement quitté le pays pour se rendre à Oman.
Sa nièce Amanda était avec elle et a déclaré que lorsqu'elle a finalement rejoint sa tante à Oman, elle ne pouvait arrêter de pleurer tellement elle était soulagée.
Les deux femmes ont remercié le gouvernement canadien pour son aide.
Raisons humanitaires
L'agence de presse iranienne Fars News a indiqué lundi sur son site Internet que la professeure à la retraite avait été libérée pour des raisons humanitaires, en citant le ministère iranien des Affaires étrangères.
La professeure, qui détient les nationalités canadienne, iranienne et irlandaise, était en isolement cellulaire depuis qu'elle avait été jetée en prison, le 6 juin dernier. Au courant de l'été, Mme Hoodfar avait été hospitalisée.
Née en Iran, Mme Hoodfar est établie à Montréal depuis environ 30 ans.
L'anthropologue et sociologue a mené des recherches sur les femmes musulmanes dans diverses régions du monde. Elle s'était rendue en Iran au début février pour visiter des proches et effectuer certaines recherches.
Un procureur iranien a reproché à Mme Hoodfar de «baigner dans des activités féministes». D'après sa famille, on a déposé contre elle des accusations de propagande contre l'État et de collaboration avec des États étrangers contre la République islamique d'Iran.