Selon la BBC, son service en persan est la cible de Téhéran depuis son lancement en 2009, année d'élection présidentielle pour laquelle le gouvernement accuse des puissances étrangères d'interférer dans son processus électoral.

La BBC en appelle à l'ONU pour protéger ses journalistes en Iran

LONDRES — La BBC a lancé un appel à l'ONU pour qu'elle protège les droits de ses journalistes en Iran et de leurs familles, dont le groupe audiovisuel public britannique dénonce le «harcèlement» par les autorités locales.

«La BBC a pris l'initiative sans précédent de faire appel aux Nations Unies parce que nos tentatives de persuader les autorités iraniennes de cesser leur harcèlement ont été totalement ignorées», a expliqué le directeur général de la BBC, Tony Hall, dans un communiqué.

Selon la BBC, son service en persan est la cible de Téhéran depuis son lancement en 2009, année d'élection présidentielle pour laquelle le gouvernement accuse des puissances étrangères d'interférer dans son processus électoral.

Des proches de l'équipe ont été «arrêtés arbitrairement et détenus», ils ont vu leur passeport confisqué et ont été soumis à des interdiction de voyager, tandis que des journalistes étaient surveillés ou visés par de fausses accusations, a-t-elle détaillé.

En 2017, les autorités iraniennes ont ouvert une enquête pour «conspiration contre la sécurité nationale». Elles ont par la même occasion gelé les avoirs de membres du personnel, les empêchant d'acheter ou vendre des biens, comme une propriété ou une voiture, a-t-elle ajouté.

«Au cours des neuf dernières années, la punition collective des journalistes de BBC Persian Service et de leurs familles a empiré», a souligné Tony Hall, précisant que d'autres médias étaient concernés aussi.

«Nous demandons maintenant à la communauté des nations de l'ONU de soutenir la BBC et de faire respecter le droit à la liberté d'expression», a-t-il ajouté.

En octobre 2017, l'émissaire onusien pour la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, David Kaye, avait exhorté l'Iran à cesser de «harceler» les employés du service en persan.

Il était intervenu à la suite d'une plainte en urgence transmise par la BBC, à lui et Asma Jahangir, rapporteuse spéciale des Nations Unies pour les droits de l'homme en Iran.

«Cette semaine, pour la toute première fois, des journalistes de la BBC s'exprimeront durant la session du Conseil des droits de l'Homme pour demander aux États membres d'agir [...] et garantir leur capacité à exercer librement leur travail de journaliste», a expliqué le groupe audiovisuel.

Les représentants de la BBC prendront la parole mercredi au nom de la Fédération internationale des journalistes.

Le groupe a aussi prévu d'autres événements en marge de la 37e session du Conseil des droits de l'Homme, basé à Genève, dont une conférence de presse lundi.