John Kerry a participé, mardi, à sa dernière réunion au siège bruxellois de l'OTAN avec ses homologues des 27 autres pays de l'Alliance atlantique.

Kerry rassure ses alliés sur l'engagement «inébranlable» de Washington dans l'OTAN

John Kerry a assuré mardi, face à ses alliés européens de l'OTAN, que l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche ne changerait pas l'engagement américain dans l'Alliance atlantique, «inébranlable», et qui «transcende» les clivages politiques à Washington.
«Le changement d'administration ne changera pas l'engagement inébranlable des États-Unis en ce qui concerne nos obligations envers l'OTAN», a déclaré le chef de la diplomatie américaine, à l'occasion de sa dernière réunion au siège bruxellois de l'OTAN avec ses homologues des 27 autres pays de l'Alliance atlantique.
La réunion était consacrée au lien transatlantique et au renforcement de la coopération entre l'UE et l'OTAN face aux menaces que constituent la Russie, sur le flanc est de l'Alliance, et l'organisation État islamique (EI) au sud.
John Kerry en a profité pour tenter de rassurer des alliés parfois inquiets sur les intentions du successeur de Barack Obama.
Même si le candidat républicain Trump était resté très flou sur ses objectifs en politique étrangère, il avait vivement critiqué l'OTAN et son Article 5 fondé sur le principe de solidarité entre ses États membres en cas d'agression. Il avait aussi réclamé aux alliés européens d'augmenter leurs contributions financières.
«L'engagement des États-Unis à l'égard de l'OTAN et de l'Article 5 transcende la politique (...) transcende les partis politiques (...) Nous restons engagés à l'égard de ce principe», a assuré le secrétaire d'État sortant, qui quittera le pouvoir le 20 janvier, comme l'ensemble de l'administration Obama.
«J'ai confiance en certaines des personnes que j'ai vues jusqu'ici», a ajouté John Kerry, citant la nomination du général retraité et très respecté, James Mattis, à la tête du Pentagone. Un choix du président désigné Trump pour diriger la Défense américaine plutôt très bien accueilli de part et d'autre de l'échiquier politique aux États-Unis.
«Je crois qu'au bout du compte, le bon sens va prévaloir», a aussi dit M. Kerry, défendant une nouvelle fois l'accord sur le nucléaire iranien et celui de Paris sur le climat conclus en 2015 par l'administration Obama.
Renforcer la coopération OTAN-UE 
Un peu plus tôt, Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN, avait admis que des inquiétudes et doutes se sont exprimés au sein des alliés sur le maintien d'un lien transatlantique fort sous Donald Trump, perçu comme plus isolationniste et protectionniste.
«La meilleure manière de répondre à ces questions est de renforcer la coopération entre l'OTAN et l'Union européenne», a plaidé M. Stoltenberg.
En présence de la chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini, les 28 pays de l'OTAN ont approuvé mardi 42 mesures déclinant cette coopération renforcée, dont le principe avait été acté au dernier sommet de l'OTAN à Varsovie en juillet.
Le spectre couvert est large, allant de la lutte contre le terrorisme, à une meilleure coordination des manoeuvres militaires ou de cyberdéfense, en passant par le partage de moyens pour localiser et intercepter les passeurs de migrants en Méditerranée.
«Nous passons du stade des déclarations à celui des actions concrètes», a insisté Jens Stoltenberg.
Membres de l'UE, mais pas de l'OTAN, la Finlande et la Suède ont participé à cette réunion en tant que voisins de la Russie, s'estimant plus vulnérables depuis l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014.
«Menaces hybrides»
C'est à Helsinki que doit officiellement être créé en 2017 un Centre européen de lutte contre les «menaces hybrides», a rappelé M. Stoltenberg, y voyant un exemple de coopération UE-OTAN.
Ce futur centre permettra à un réseau européen d'experts de s'informer mutuellement et d'informer les pays membres -de l'UE comme de l'OTAN- de nouvelles attaques ou menaces telles que la désinformation russe ou les tactiques de propagande de l'EI.
«La Russie n'est pas notre adversaire, mais nous devons regarder les choses en face, (...) apporter des réponses en matière de sécurité à tous», a déclaré le ministre français Jean-Marc Ayrault devant des journalistes.