Garry Kasparov, en mars dernier

Kasparov, légende des échecs, revient à la compétition

Douze ans après avoir pris sa retraite, la légende des échecs et ancien champion du monde russe Garry Kasparov a annoncé jeudi son retour à la compétition en août lors d'un tournoi du circuit mondial à Saint-Louis, aux États-Unis.
À 54 ans, «l'ogre de Bakou» participera à un tournoi Rapid and Blitz, une compétition qui vient d'être intégrée au circuit et suivra la Coupe Sinquefield, une étape majeure du circuit mondial organisée également à Saint-Louis à laquelle participera notamment l'actuel champion du monde, le Norvégien Magnus Carlsen.
«J'ai l'impression que je vais faire monter l'âge moyen et baisser le classement moyen», s'est amusé dans la nuit de mercredi à jeudi sur Twitter celui qui a dominé la discipline pendant 15 ans, de 1985 à 2000, avant de prendre sa retraite en 2005.
«L'histoire est en cours à Saint-Louis. Les meilleurs joueurs du passé et du présent s'affronteront aux États-Unis [...] Le légendaire champion du monde Garry Kasparov sortira de sa retraite pour jouer contre les meilleurs talents des échecs modernes", ont annoncé les organisateurs dans un communiqué.
Du 14 au 19 août, le Russe, opposant de longue date à Vladimir Poutine, sera opposé à neuf autres joueurs dont six membres du Grand Chess Tour, qui réunit les meilleurs joueurs mondiaux.
Garry Kasparov, qui vit aux États-Unis, n'a toutefois pas précisé si son retour à la compétition se poursuivrait après le tournoi de Saint-Louis.
Bien qu'ayant pris sa retraite en 2005, Garry Kasparov n'est jamais resté loin des échecs, s'impliquant dans le développement de son sport ou essayant en 2014 de prendre la tête de la Fédération internationale des échecs (FIDE), dirigée par un Russe proche de Vladimir Poutine, l'excentrique Kirsan Ilioumjinov.
Considéré comme l'un des meilleurs joueurs de tous les temps, Garry Kasparov a aussi participé à la création du Grand Chess Tour, un circuit qui réunit les meilleurs joueurs du monde.
«Cent yeux»
Né le 13 avril 1963 à Bakou, capitale de l'ancienne république soviétique d'Azerbaïdjan, Garry Kasparov est devenu en 1985 le plus jeune champion du monde de l'histoire des échecs en s'imposant face à une autre légende, son compatriote Anatoli Karpov.
Sa constitution athlétique, son comportement autoritaire, ses formidables résultats et son envie irrésistible de toujours gagner lui valent alors les surnoms d'«ogre de Bakou» et de «monstre aux cent yeux qui voient tout».
En 1997, il faisait aussi la une en défiant l'ordinateur Deep Blue d'IBM. L'homme remporte la première victoire, hautement symbolique, sur la machine. Mais la victoire finale revient à l'ordinateur.
Il cède sa couronne mondiale en 2000 à son ancien élève et compatriote Vladimir Kramnik avant d'abandonner définitivement la compétition en 2005 après avoir remporté le 22e tournoi d'échecs de Linares, en Espagne.
Il s'est aussi engagé en politique, devenant au milieu des années 2000 un des principaux opposants au Kremlin. Il participe notamment au mouvement de contestation sans précédent visant Vladimir Poutine en 2011. Brièvement détenu à l'été 2012 après une manifestation de soutien aux Pussy Riot, condamnées à deux ans de prison pour une «prière» anti-Poutine, le fondateur de la coalition d'opposition Autre Russie a quitté le pays en 2013 et se fait le porte-parole de l'opposition à l'étranger depuis New York où il a sa fondation.