La population a pleuré les 80 victimes d'un double attentat-suicide perpetré samedi par des kamikazes du groupe État islamique.

Jour de deuil national après les attentats de Kaboul

Dimanche était une journée de deuil national en Afghanistan un jour après qu'un kamikaze eut fait au moins 80 morts durant une manifestation à Kaboul dans le cadre d'un attentat revendiqué par le groupe armé État islamique (EI).
Selon les autorités afghanes, 231 autres personnes ont également été blessées, certaines grièvement, lors de l'attaque survenue samedi alors que des Hazaras, une minorité chiite, s'étaient rassemblés pour réclamer qu'une importante ligne électrique régionale passe par leur province, l'une des plus pauvres de l'Afghanistan.
La majorité des 30 millions d'Afghans sont sunnites et l'EI considère les chiites comme des apostats.
Cet attentat était le premier à être mené à Kaboul par l'EI, ce qui soulève des questions sur la capacité militaire de l'organisation terroriste dans le pays, et le pire à s'être produit dans la capitale afghane depuis le début de l'insurrection des talibans il y a 15 ans.
Dimanche, les familles éplorées ont récupéré les dépouilles de leurs proches dans les hôpitaux et les morgues de Kaboul afin de les porter à leur dernier repos, pour la plupart dans des tombes communes plutôt que dans les lots familiaux.
Pendant ce temps, les Hazaras ont poursuivi leur occupation de la place Demazang, où s'est déroulée l'attaque de samedi. Un porte-parole a précisé que les protestataires ne bougeraient pas tant que le gouvernement afghan n'aurait pas répondu à leurs demandes.
Ces derniers exigent que des représentants des Hazaras et de groupes de défense des droits de la personne participent à l'enquête sur l'attentat, que le tracé de la ligne électrique soit revu afin que cette dernière traverse leur province comme le prévoyait le plan originel et que la place Demazang soit rebaptisée la place des Martyrs.