Interrogé sur l'audition de l'ex-directeur du FBI James Comey mardi, Donald Trump a répondu: «Je lui souhaite bonne chance.»

James Comey, un haut risque pour Trump

Un mois après son limogeage par Donald Trump, l'ex-directeur du FBI James Comey sortira jeudi de son silence lors d'une audition-événement au Congrès américain, sur lequel les projecteurs seront également braqués mercredi pour une autre audition à risque.
James Comey témoignera jeudi devant le Congrès américain.
«Je me félicite que ce soit une audition publique», a dit le chef des démocrates du Sénat, Chuck Schumer. «Il faut qu'il dise tout. Sur un sujet aussi grave, les Américains méritent d'entendre toute la vérité, rien que la vérité.»
Véritable événement politico-médiatique, l'audition, qui aura lieu dans une immense salle devant la commission du Renseignement du Sénat, sera exceptionnellement retransmise sur les chaînes généralistes ABC, CBS et NBC, en plus des chaînes d'information, qui y consacrent déjà une part importante de leur antenne.
La chaîne CNN affichait ainsi dès mardi son célèbre compte à rebours. Des bars ouvriront le matin pour diffuser le grand oral. Et au Capitole, mardi, les élus à peine rentrés de congés étaient bombardés de questions sur le rendez-vous.
L'homme qui dirigeait la police fédérale depuis 2013, congédié par Donald Trump le 9 mai, est appelé à confirmer si, oui ou non, le président américain a fait pression sur lui pour orienter ou faire classer des pans de l'enquête du FBI sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle et une éventuelle coordination entre des membres de l'équipe Trump et la Russie.
Des notes écrites par M. Comey et ayant fuité dans la presse indiquent que le président a franchi une ligne rouge en lui demandant d'abandonner l'enquête sur Michael Flynn, son ex-conseiller à la sécurité nationale, ce qui ressemblerait à une tentative d'entrave de la justice, un délit qui selon des élus justifierait l'ouverture d'une procédure de destitution.
Audition mercredi
Selon ABC, M. Comey ne devrait pas aller jusqu'à accuser le président d'obstruction, mais il aurait l'intention de démentir certains propos de M. Trump, qui a notamment affirmé en mai que l'ex-directeur l'avait personnellement assuré qu'il n'était pas dans le périmètre des investigations sur la Russie. Le dirigeant a aussi sous-entendu qu'il aurait des enregistrements de leurs conversations.
«Au lieu de nous fonder sur des articles et des ouï-dire, nous allons demander au directeur, et les Américains pourront le regarder», dit l'un des 15 membres de la commission, le sénateur républicain Marco Rubio.
«Nous allons évidemment chercher à savoir ce qui s'est passé dans ses rencontres avec le président quant au général Flynn», a insisté la démocrate Dianne Feinstein.
Un avant-goût sera donné mercredi à 14h avec l'audition au Sénat de quatre hauts responsables actuels: les directeurs du Renseignement, Dan Coats, de l'agence d'espionnage NSA, Mike Rogers et du FBI par intérim, Andrew McCabe, ainsi que Rod Rosenstein, numéro deux du département de la Justice.
Là encore, les deux premiers se verront interrogés sur d'éventuelles pressions personnelles de M. Trump qui, selon le Washington Post, leur aurait demandé en mars de le défendre publiquement face aux accusations de collusion avec Moscou. Ils auraient refusé.
Mais il n'est pas certain que tous puissent ou souhaitent dévoiler le contenu de ces conversations privées.
Le ministre de la Justice, Jeff Sessions, s'est récusé dans l'affaire, car il a rencontré l'an dernier l'ambassadeur russe aux États-Unis.
M. Trump veut tourner la page, mais l'enquête, désormais entre les mains du procureur spécial Robert Mueller, paralyse sa présidence.
Au Congrès, les commissions du Renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants enquêtent indépendamment sur les tentatives d'ingérences russes et l'éventuelle coordination avec des proches du candidat républicain. Mais à ce stade, aucune collusion n'a été démontrée publiquement.
Affichant un sourire volontariste malgré les retards des réformes prévues pour 2017, les chefs de la majorité ont été reçus mardi par le dirigeant, qui a énuméré le bilan pourtant mince de ses premiers mois au pouvoir.
Interrogé sur l'audition de James Comey, M. Trump a répondu: «Je lui souhaite bonne chance.»