Des ouvriers palestiniens travaillent sur un chantier dans la colonie de Maale Adumim, près de Jérusalem, mardi.

Israël adopte une loi pour légaliser rétroactivement des colonies

La loi adoptée tard lundi par le Parlement israélien pour légaliser rétroactivement la construction de milliers de maisons de colons sur des terres palestiniennes privées en Cisjordanie «franchit une très grosse ligne rouge», a dénoncé mardi l'émissaire des Nations unies au Moyen-Orient.
La loi explosive figure parmi une série d'actions procolonies prises par le gouvernement israélien depuis l'élection de Donald Trump à la présidence aux États-Unis. La loi a déjà été condamnée par la communauté internationale et elle devrait faire l'objet de nombreuses contestations devant la Cour suprême.
M. Trump est perçu comme plus sympathique aux politiques de colonisation d'Israël que son prédécesseur, Barack Obama, et le gouvernement israélien a approuvé des plans pour la construction de milliers de nouvelles maisons en territoires occupés depuis l'accession au pouvoir de M. Trump.
La loi prévoit que les propriétaires palestiniens seront dédommagés monétairement ou avec de nouvelles terres, peu importe qu'ils soient d'accord ou non.
Des détracteurs ont soutenu que cela enchâssait dans la loi le vol de territoires palestiniens. C'est aussi la première fois que le Parlement israélien impose une loi aux Palestiniens de la Cisjordanie. Le territoire capturé par Israël en 1967 n'appartient pas à la souveraineté territoriale israélienne; les Palestiniens qui y vivent ne sont pas des citoyens israéliens et n'ont pas le droit de vote.
L'émissaire onusien Nikolaï Mladenov est d'avis que la loi «ouvre toutes grandes les portes à l'annexion de la Cisjordanie». Si Israël tente de consolider son emprise sur le territoire, cela pourrait mettre en péril la création éventuelle d'un État palestinien dans le cadre d'un accord de paix, a-t-il dit.
La loi a été adoptée par 60 voix contre 52 dans la Knesset de 120 membres à la suite d'un débat agité au cours duquel des élus de l'opposition ont crié de leur siège à l'endroit des membres de la coalition gouvernementale, qui est dominée par les colons de la Cisjordanie et leurs alliés.
«(C'est) la première d'une série de mesures que nous devons adopter de manière à assurer notre présence (en Cisjordanie) pendant des années, des décennies, a dit le ministre israélien Yariv Levin. Je crois que notre droit à une patrie ne peut pas être nié.»
Des groupes israéliens de défense des droits de la personne entendent contester la loi devant la Cour suprême.
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou avait exprimé ses réserves sur la loi avant le vote. Il aurait dit craindre les réactions à l'international et vouloir coordonner avec l'administration Trump avant d'aller de l'avant.