Ce que la note laisse en fait supposer, c’est qu’une source clé de l’affaire russe détestait Donald Trump et que des agents fédéraux au centre de l’enquête ont été peu minutieux avec les protocoles de surveillance.

Ingérence russe: une note secrète moins explosive que prévu

WASHINGTON — La publication très attendue d’une note secrète qui devait, selon les alliés du président Donald Trump, détruire les fondements de l’enquête sur la Russie a finalement eu lieu, vendredi, mais son contenu s’est révélé moins explosif qu’anticipé.

Ce que la note laisse en fait supposer, c’est qu’une source clé de l’affaire russe détestait M. Trump et que des agents fédéraux au centre de l’enquête ont été peu minutieux avec les protocoles de surveillance.

Donald Trump estime que toute l’affaire est «disgracieuse» et que «plusieurs personnes devraient avoir honte».

Il a prononcé ces mots après avoir approuvé la publication d’une note de quatre pages écrite par Devin Nunes, le président républicain de la Commission des renseignements de la chambre des représentants. La note se concentre sur des allégations au sujet de la façon dont des agents fédéraux ont obtenu la permission de surveiller le conseiller du président en matière d’affaires étrangères, Carter Page.

Ce que dit le mémo:

› L’ancien espion britannique Christopher Steele détestait Donald Trump et souhaitait l’empêcher de devenir président. On y lit qu’à ce moment, Steele était payé 160 000 $US par une firme embauchée pour déterrer des informations compromettantes au bénéfice de la campagne d’Hillary Clinton.

› Steele a parlé aux médias alors qu’il était aussi informateur du FBI. Pendant l’élection de 2016, il a partagé ses inquiétudes — à Yahoo News, puis à Mother Jones — quant à la possibilité que Donald Trump soit corrompu. La note souligne qu’il a induit le FBI en erreur en ce qui a trait à ses contacts avec les journalistes.

› Le FBI s’est largement appuyé sur les informations de Christopher Steele pour renouveler un mandat de surveillance à l’endroit du conseiller Carter Page. Le mandat a été renouvelé en octobre 2016. Des agents fédéraux avaient déjà surveillé Page dans le passé, une surveillance qui remontait aussi loin que 2013, en raison de craintes quant à ses liens avec la Russie.

› Les agents fédéraux n’ont pas divulgué les paiements partisans reçus par Steele lorsqu’ils ont plaidé pour le mandat.

› Plusieurs agents ont signé la demande de mandat, dont une personne clé : Rod Rosenstein. Ce dernier est aujourd’hui le haut fonctionnaire du département de la Justice chargé de l’enquête sur la Russie. S’il était congédié, puis remplacé par une personne plus hostile à l’enquête, son successeur pourrait mettre fin au processus ou y ajouter de nouvelles règles.

Lorsqu’on lui a demandé s’il allait congédier M. Rosenstein, le président américain a répondu : «Je vous laisse deviner.»

Mais le document dévoilé vendredi n’allait pas aussi loin que ce que laissaient entendre certains des plus grands alliés de Donald Trump.

L’animateur vedette de Fox News, Sean Hannity, par exemple, avait prédit que l’affaire serait pire que le Watergate et pourrait mettre fin à l’enquête en prouvant qu’elle s’appuie sur des fondations douteuses.

Pas impressionnés

Il existe toutefois une faiblesse évidente dans l’argument voulant que le document puisse compromettre l’enquête, faiblesse mentionnée dans le document même. La note confirme que l’enquête du FBI sur les liens entre la campagne de Donald Trump et la Russie a commencé en juillet, soit trois mois avant les événements décrits.

Les démocrates se sont montrés peu impressionnés par le contenu de la note et estiment qu’il s’agit, au mieux, d’une manoeuvre partisane qui laisse de côté des faits importants, qui sont demeurés secrets et qui sont primordiaux pour l’enquête.