James Comey

Ingérence de Moscou: le chef du FBI savait, dit un sénateur

Le patron du FBI, James Comey, savait que Moscou interférait dans l'élection américaine dans le but de faire élire Donald Trump, a estimé samedi le chef de la minorité démocrate du Sénat américain, Harry Reid.
L'information a été révélée vendredi soir par le Washington Post, qui cite une évaluation de la CIA selon laquelle la Russie est intervenue pour faire élire le milliardaire.
«Le FBI disposait de ces informations depuis longtemps», a affirmé M. Reid sur MSNBC. «Mais, M. Comey, qui est républicain, a refusé de divulguer cette information sur l'interférence de la Russie dans l'élection présidentielle.»
Le Sénat et les autres agences gouvernementales notamment chargées de la sécurité nationale devraient «lancer une enquête sur M. Comey» car «il s'agit d'une question de sécurité», a estimé M. Reid.
Pour autant la ministre de la Justice Loretta Lynch, sous l'autorité de laquelle se trouve le FBI, n'a pas besoin de démettre M. Comey de ses fonctions. «Ce serait une action inutile», a estimé M. Reid, qui accuse James Comey d'avoir «laissé tomber le pays pour des raisons partisanes».
Le responsable démocrate a surnommé M. Comey «le nouveau J. Edgar Hoover», du nom de l'ancien directeur du FBI (1935-1972) connu pour avoir espionné des opposants politiques.
James Comey a déjà été au centre d'une controverse quand il a révélé à la fin de la campagne présidentielle avoir découvert de nouveaux courriels de l'ex-candidate démocrate Hillary Clinton, du temps où elle était chef de la diplomatie, relançant un scandale politique.
Comptes piratés
Début octobre, le département de la Sécurité intérieure (DHS) et la direction du renseignement (DNI) -qui chapeaute les 17 agences de renseignement - avaient conclu que la Russie avait piraté les comptes de personnalités et d'organisations politiques dans le but «d'interférer dans le processus électoral américain», sans préciser la nature de l'interférence.
L'équipe de transition de Donald Trump et le parti républicain ont rejeté samedi les conclusions de la CIA.
Pour tenter d'y voir plus clair avant de remettre les clés de la Maison-Blanche à Donald Trump le 20 janvier, Barack Obama a ordonné un rapport exhaustif sur les piratages informatiques menés pendant la campagne.
Le successeur de Harry Reid au Sénat début janvier, le sénateur de New York Chuck Schumer, a demandé de son côté une enquête bipartite du Congrès.