Sur cette photo prise le 27 mars, l'on peut voir ce qu'il reste de l'Arc de triomphe de Palmyre, détruit en grande partie par les djihadistes de l'EI.

«Illusoire» de croire à la reconstruction de Palmyre, dit une experte de l'Unesco

Annie Sartre-Fauriat, membre du groupe d'experts de l'Unesco pour le patrimoine syrien, se dit «perplexe sur la capacité de reconstruire Palmyre» au vu des destructions considérables et des pillages sur le site et dans le musée, également «ravagé» par le groupe État Islamique.
<p>Des statues ont été détruites au musée de Palmyre.</p>
<p>Le musée de Palmyre a été saccagé par les djihadistes de l'EI.</p>
«Tout le monde s'enflamme parce que Palmyre est «libérée» entre guillemets, mais il ne faut pas oublier tout ce qui a été détruit et la catastrophe humanitaire du pays. Je suis très perplexe sur la capacité, même avec l'aide internationale, de rebâtir le site de Palmyre», a indiqué à l'AFP cette historienne spécialiste du Moyen-Orient, membre du groupe d'experts constitué par l'Unesco en 2013 sur le patrimoine syrien.
«Quand j'entends dire qu'on va reconstruire le temple de Bêl, ça me paraît illusoire. On ne va pas reconstruire quelque chose qui est à l'état de gravats et de poussière. Construire quoi? Un temple neuf? Il y aura peut-être d'autres priorités en Syrie avant de reconstruire des ruines», observe-t-elle.
Outre la citadelle du XIIIe siècle, qui a été endommagée lors des combats pour la prise de la ville, les jihadistes ont détruit deux joyaux de Palmyre, les temples de Bêl et Baalshamin, l'Arc de triomphe, plusieurs tours funéraires ainsi que le Lion d'al-Lât.
Palmyre, la «perle» du désert syrien, est une cité de plus de 2000 ans inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité.
Cinq ans
Le chef des Antiquités et des Musées de Syrie a affirmé lundi à l'AFP qu'il faudrait cinq ans pour réhabiliter les monuments détruits ou endommagés à Palmyre occupée pendant 10 mois par les jihadistes de l'EI.
«Si nous avons l'approbation de l'Unesco, il nous faut cinq ans pour restaurer les bâtiments détruits et endommagés par l'EI», a déclaré Maamoun Abdelkarim, qui s'est rendu dimanche sur place.
«Nous avons le personnel qualifié, nous avons le savoir-faire et nous avons les études, il faut bien sûr l'agrément de l'Unesco et nous pourrons commencer les travaux dans un an», a-t-il ajouté.