French President Francois Hollande addresses a press conference at the end of a special EU leaders' meeting of the European Council to adopt the guidelines for the Brexit talks, in Brussels on April 29, 2017.European Union leaders unanimously adopted their Brexit strategy at a special summit in Brussels in a show of unity ahead of two years of tough talks with Britain. / AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND

Hollande appelle à voter Macron pour contrer Le Pen

Le président François Hollande a envoyé samedi depuis Bruxelles un message très clair aux Français: contre le «risque majeur» de voir Marine Le Pen accéder à l'Elysée, il a appelé tous les électeurs républicains à «prendre un bulletin Macron au 2ème tour de la présidentielle» le 7 mai.
«Ça ne devrait pas être un sujet de discussion pour les forces républicaines: on prend le bulletin Macron et on considère que c'est le bulletin qui empêche l'extrême droite» d'arriver au pouvoir, a affirmé M. Hollande à huit jours du second tour de scrutin.
Lors d'une conférence de presse à l'issue du dernier sommet européen de son quinquennat, M. Hollande a accusé le parti de Mme Le Pen, le Front national (FN, extrême droite), de «masquer» son projet de sortir de la zone euro et de l'Union européenne.
Marine le Pen a scellé une alliance avec le chef du parti souverainiste Debout La France (DLF) Nicolas Dupont-Aignan et elle a présenté avec lui samedi un accord semblant ajourner son intention de faire sortir la France de la zone euro.
«Leur volonté», c'est bien «la sortie de la France de la zone euro et de l'UE», a réagi le chef de l'Etat français, mais «en même temps qu'ils continuent de préparer ce projet dangereux, ils le camouflent, ils le cachent, ils le gomment parce qu'ils savent bien que les Français ne veulent pas que leur pays sorte de l'Union européenne et se prive de l'euro et de la monnaie unique», a-t-il expliqué.
Tous deux «cachent leur projet» parce qu'«il fait peur», a insisté M. Hollande, mais «si la candidate de l'extrême droite devait être élue le 7 mai, tout ce qu'elle propose» mettrait automatiquement «la France en dehors de la zone euro et de l'UE».
Il a parallèlement apporté un soutien très appuyé à Emmanuel Macron sur la scène européenne, estimant que son ancien ministre de l'Economie serait «un bon partenaire pour l'Allemagne parce qu'il défendra les intérêts de son pays la France mais qu'il a aussi la conviction que l'Europe est au service de nos intérêts communs».
«Il est suffisamment conscient des règles européennes. Il a été avec moi dans la plupart des conseils européens comme conseiller, puis ensuite il y a été associé comme ministre», a témoigné le président sortant.
Il s'est dit certain que son ex-protégé, qui s'est émancipé sans ménagement de sa tutelle pour briguer l'Élysée, «aurait à coeur de poursuivre avec sa méthode les propositions et la politique menée pour faire avancer l'Europe en étroite liaison avec l'Allemagne».
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Les 27 pays membres de l'UE face au Brexit s'engagent à la fermeté
Les leaders de 27 pays membres de l'Union européenne (UE) se sont engagés à se serrer les coudes durant les procédures de divorce avec le Royaume-Uni, samedi, et ont prévenu que les demandes de la première ministre britannique Theresa May seront considérées avec fermeté.
Les 27 leaders réunis à Bruxelles, en Belgique, ont finalisé les points principaux de leur position commune quelques minutes après le début d'un bref sommet, un mois après que Mme May eu déclenché, le 29 mars, deux ans de pourparlers pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE, le Brexit.
Les négociations en elles-mêmes devraient s'amorcer peu de temps après la tenue d'élections législatives anticipées au Royaume-Uni le 8 juin.
S'exprimant par le biais de Twitter, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a déclaré que le groupe de pays européens avait adopté des «lignes directrices unanimement», assurant que ce dernier était prêt pour les pourparlers du Brexit.
Avant que des discussions puissent porter sur la relation future entre le Royaume-Uni et l'UE, des questions clés doivent être tirées au clair, ont plaidé les 27. Ce qu'il adviendrait des liens entre l'Irlande et la Grande-Bretagne en fait partie, a noté M. Tusk. Il a ajouté qu'il faudra d'abord déterminer l'ampleur de ce que le Royaume-Uni doit à l'UE.
De telles lignes directrices énoncées pourraient mettre un frein aux espoirs britanniques voulant que les relations futures avec des pays européens soient discutées concurremment d'avec les pourparlers de sortie de l'UE.
«Avant de discuter de l'avenir, nous devont démêler notre passé. Nous ferons face (à cela) avec un véritable soin - mais fermement», a dit M. Tusk.
Associated Press