Devant le refus de gouvernement d’enquêter sur des alliés de Jovenel Moïse qui auraient détourné des milliards, des manifestants réclament la démission du président.

Haïti: nouvelles émeutes contre le président Jovenel Moïse

PORT-AU-PRINCE — Des milliers de manifestants qui réclament le départ du président haïtien Jovenel Moïse ont attaqué vendredi divers commerces et des bâtiments gouvernementaux un peu partout à travers le pays.

Dans la capitale Port-au-Prince, des centaines de partisans de l’opposition ont mis à sac un poste de police qui sert de base à une unité tactique. Ils ont transporté du mobilier de bureau, des gilets pare-balles en kevlar et des munitions dans le bidonville de Cité Soleil. Un bureau de location de voiture Avis et une succursale de Western Union ont été incendiés par les émeutiers.

Dans le quartier de Delmas, des maisons ont été la proie des flammes. Des groupes de manifestants ont lancé des pierres contre des policiers qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes. Une station de radio de la ville de Jacmel a annoncé que le palais de justice local avait aussi été incendié.

«Renverser le gouvernement»

«Nous disons à la population de Cité Soleil et à la population haïtienne de se lever pour renverser le gouvernement parce que le président Jovenel Moïse ne fait rien pour nous. Il ne fait que nous tuer», a dit un manifestant, François Pericat. Selon lui, trois manifestants ont été abattus par les forces de l’ordre.

Les porte-paroles du gouvernement n’ont pas rappelé Associated Press.

Tous les manifestants n’ont pas fait preuve de violence. Certains ont agité des branches de fougère en signe de paix.

Les dirigeants de l’opposition ont prévenu que la paix ne règnerait pas en Haïti tant et aussi longtemps que M. Moïse resterait au pouvoir.

«Si Jovenel ne démissionne pas aujourd’hui, tout ce qui arrivera ne sera pas de notre responsabilité», a déclaré un des leaders de l’opposition, le sénateur Youri Latortue.

Haïti a été le théâtre de plusieurs manifestations depuis plusieurs mois en raison de la réticence du gouvernement à enquêter et à intenter des poursuites contre des alliés du président Moïse qui auraient détourné et gaspillé des milliards de dollars provenant d’un programme vénézuélien offrant à Haïti du pétrole subventionné.

Depuis trois semaines, les chefs de partis d’opposition ont envoyé des groupes de jeunes hommes dans les rues pour imposer la fermeture des commerces et des services publics. Les dirigeants de l’opposition ont juré que ces actions se poursuivraient pendant les fins de semaine.