La présidente démocrate du Congrès, Nancy Pelosi, le chef de la minorité démocrate du Sénat, Chuck Schumer, ainsi qu’une vingtaine de parlementaires, dont plusieurs élus noirs américains, se sont agenouillés dans le «Hall de l’émancipation». 
La présidente démocrate du Congrès, Nancy Pelosi, le chef de la minorité démocrate du Sénat, Chuck Schumer, ainsi qu’une vingtaine de parlementaires, dont plusieurs élus noirs américains, se sont agenouillés dans le «Hall de l’émancipation». 

George Floyd : les démocrates s'agenouillent et promettent de réformer la police

WASHINGTON — Des démocrates du Congrès américain se sont agenouillés lundi pour observer 8 minutes 46 de silence en hommage au «martyr» de George Floyd et d’autres Américains noirs tués par la police, avant de dévoiler une proposition de réforme des forces de l’ordre.

La présidente démocrate du Congrès, Nancy Pelosi, le chef de la minorité démocrate du Sénat, Chuck Schumer, ainsi qu’une vingtaine de parlementaires, dont plusieurs élus noirs américains, étaient rassemblés dans le «Hall de l’émancipation», nommé en hommage aux esclaves qui ont travaillé à la construction du Capitole, au 18e siècle à Washington.

8 minutes 46 : c’est le temps qu’a passé un policier blanc le genou appuyé sur le cou de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, jusqu’à l’asphyxier et le tuer le 25 mai lors de son interpellation. Un événement qui a provoqué un mouvement historique de colère aux États-Unis.

Déplorant le «martyr de George Floyd», Nancy Pelosi a appelé les autres parlementaires à énumérer avec elle les noms d’autres victimes de brutalités policières ou de violences racistes.

George Floyd avait été interpellé le 25 mai à Minneapolis parce que la police, prévenue par un commerçant, le soupçonnait d’avoir voulu écouler un faux billet de 20 dollars.

Depuis sa mort, les États-Unis sont secoués par une vague de manifestations.

«Aujourd’hui, ce mouvement de détresse nationale est transformé en un mouvement national d’action», a déclaré Nancy Pelosi en présentant ensuite un projet de réforme «structurelle» de la police.

Cette proposition de loi vise à «mettre fin aux brutalités policières, obliger la police à rendre des comptes, améliorer la transparence et créer des changements profonds et structurels qui protègent le droit de tous les Américains à la sécurité et à une justice égalitaire».

Le «Justice and Policing Act» entend entre autres créer un registre national pour les policiers commettant des bavures, faciliter les poursuites judiciaires contre les agents et repenser leur recrutement et formation.

La loi interdirait notamment la technique dangereuse des «prises d’étranglement». Elle ne prévoit pas de «couper les financements de la police», comme le demandent certains dans l’aile gauche du parti, ainsi que des manifestants.

Peu de chances au Sénat 

L’avenir de ce texte est toutefois très compromis au Sénat, à majorité républicaine.

Le président Donald Trump, qui brigue un second mandat, accuse les démocrates de vouloir couper les financements de la police. Et «maintenant les démocrates de gauche radicale veulent couper les budgets et abandonner notre police. Désolé, je veux la loi et l’ordre», a-t-il encore tweeté lundi matin.

À moins de 150 jours de la présidentielle, il en a fait un argument de campagne contre son adversaire Joe Biden, qui a appelé dès la semaine dernière à une profonde réforme de la police.

«Le président ne doit pas faire obstacle à la justice», a mis en garde Nancy Pelosi.

Pendant l’hommage, les chefs démocrates étaient accompagnés de membres du «Congressional Black Caucus», le groupe parlementaire rassemblant des élus afro-américains, ainsi que d’autres hauts responsables du Congrès.

Tous portaient des étoles en kenté, un tissu africain. Il s’agit d’un hommage «à notre héritage africain, et pour ceux d’entre-nous sans cet héritage […] d’un acte de solidarité», a précisé l’élue Karen Bass.