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Les frappes israéliennes ont tué dimanche au moins 42 Palestiniens à Gaza.
Les frappes israéliennes ont tué dimanche au moins 42 Palestiniens à Gaza.

Gaza : le Conseil de sécurité de l’ONU toujours désuni après une troisième réunion d’urgence

Philippe Rater
Agence France-Presse
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NATIONS UNIES — Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni dimanche publiquement pour une troisième session d’urgence sur le conflit israélo-palestinien depuis une semaine, sans adoption à ce stade d’une déclaration commune ni de propositions permettant d’aboutir rapidement à une cessation des hostilités.

La session virtuelle a donné lieu à des diatribes réciproques récurrentes des Palestiniens et des Israéliens.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a accusé Israël de « crimes de guerre », dénonçant « l’agression » de l’État hébreu contre « le peuple » palestinien et ses « lieux saints ».

« Le Hamas a choisi d’accélérer des tensions, utilisées comme prétexte, pour commencer cette guerre » qui a été « préméditée », a rétorqué l’ambassadeur israélien aux États-Unis et à l’ONU, Gilad Erdan.

Le diplomate israélien a demandé au Conseil de sécurité de condamner les « tirs aveugles de roquettes » tandis que le ministre palestinien réclamait à l’instance « d’agir » pour arrêter l’offensive israélienne, se demandant combien il allait lui falloir de morts palestiniens pour se « scandaliser ».

Parallèlement à la réunion, les 15 membres du Conseil de sécurité ont poursuivi des négociations sur un texte commun visant à appeler à la fin des hostilités et réaffirmer le projet d’une solution à deux États vivant côte à côte, Israël et la Palestine, sur la base des résolutions déjà adoptées par l’ONU.

Mais selon plusieurs diplomates interrogés par l’AFP, les États-Unis, à la position jugée incompréhensible pour nombre de ses alliés, continuaient dimanche à refuser toute déclaration conjointe. Depuis une semaine, Washington, isolé, a déjà rejeté deux textes proposés par trois membres du Conseil: la Norvège, la Tunisie et la Chine.

« Cycle insensé de terreur » 

« C’est un peu étrange si l’on pense à l’attente que nous avions tous d’un retour des Américains dans la diplomatie multilatérale », relève un ambassadeur sous couvert d’anonymat. « Nous avions pensé aussi que les États-Unis seraient désireux de montrer la pertinence du Conseil de sécurité dans des situations comme celle-ci », ajoute-t-il.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a regretté « l’obstruction » américaine pour faire adopter une déclaration.

« Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures » et « à cause de l’obstruction d’un pays », il « n’a pas été capable de parler d’une seule voix », a-t-il déploré en demandant à Washington « d’assumer ses responsabilités » à l’ONU.

Les deux premières sessions d’urgence du Conseil de sécurité s’étaient tenues à huis clos et les États-Unis, qui préféraient attendre mardi, ne voulaient pas de la réunion de ce dimanche. Leur ambassadrice à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, s’est bornée à réclamer une cessation « du cycle de violences », assurant que son pays « travaillait sans relâche pour une fin des hostilités » et « une paix durable ».

En ouverture de la session, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde le Conseil de sécurité sur le risque d’une  « crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable » dans la région si un cessez-le-feu n’était pas rapidement imposé. « Ce cycle insensé d’effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement », a-t-il martelé.

Un appel largement repris à leur compte par nombre de pays ayant choisi de faire participer un ministre à la session dimanche, de la Russie à la Tunisie, en passant par la Norvège ou l’Irlande, afin de marquer leur engagement diplomatique dans le conflit.

Le Niger, par la voix de son ambassadeur Abdou Abarry, a réclamé de faire « reconnaître aux Palestiniens les mêmes droits » que ceux qui sont accordés à Israël, notamment celui « de se défendre ».