Le premier ministre Justin Trudeau en compagnie du président du Conseil européen, Donald Tusk (à gauche), de la chancellière allemande Angela Merkel et du président américain Donald Trump à Taormine, en Italie, vendredi.

G7: front commun contre le terrorisme et divergences autour du climat

Donald Trump et ses six homologues du G7 - qui semblaient prendre beaucoup moins de place à côté du président américain - se sont entendus, vendredi, pour déployer plus d'efforts dans la lutte à l'extrémisme violent. Ceux-ci ne semblaient toutefois pas avoir trouvé de terrain d'entente sur des enjeux tels que les changements climatiques et le libre-échange.
Une déclaration indépendante du communiqué qui doit encore être finalisé expose que l'attentat meurtrier survenu à Manchester, lundi, a mis en évidence la nécessité de rapidement intensifier la lutte contre le terrorisme.
Les leaders mondiaux s'engagent à porter la lutte contre cette menace «à un niveau plus élevé», précise cette déclaration commune produite depuis la ville sicilienne de Taormine, en Italie.
Le système de valeurs partagées entre les membres du G7 ainsi que les notions de respect des droits de la personne et de la diversité culturelle resteront un socle pour l'action commune contre le terrorisme, soutient-on également.
Afin d'intensifier la lutte contre cette menace d'envergure, les dirigeants se sont notamment engagés à contrer la propagande terroriste et le recrutement en ligne, à améliorer le partage d'informations entre agences de renseignement et à accroître la coopération entre les agences frontalières.
On souligne par ailleurs le travail à faire en matière d'inclusion sociale, un moyen, précise-t-on, de prévenir la radicalisation.
Position canadienne pas «universelle»
Or, sur d'autres enjeux que le terrorisme, les politiciens ne sont pas parvenus à un consensus aussi naturel.
Le premier ministre canadien Justin Trudeau s'était rendu au sommet dans le but de mettre de l'avant les avantages du libre-échange et de la lutte contre les changements climatiques.
«Il y a clairement des domaines où la position canadienne peut ne pas être accueillie de façon universelle», a dit la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.
Selon une source au sein du gouvernement canadien, des points de divergence tels que le commerce international et l'accord de Paris laissaient croire que les discussions se poursuivraient probablement jusqu'à tard dans la nuit.
Donald Trump a promis de retirer les États-Unis de cette entente sur les changements climatiques. Si le Canada, l'Italie, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et le Japon ont confirmé leur adhésion, le président amércain n'a pas encore pris de décision à ce sujet, a indiqué le premier ministre italien Paolo Gentiloni.
«Il a dit: "Je préférerais prendre mon temps, comprendre les enjeux et ensuite prendre la bonne décision là-dessus"», a pour sa part rapporté le conseiller économique en chef des États-Unis, Gary Cohn.
Ce dernier a ajouté que M. Trump ne veut pas donner l'impression qu'il se contrefiche de l'environnement pour autant: «Ses opinions évoluent. Il est venu ici pour apprendre et pour être plus intelligent.»
La ministre Freeland a pour sa part souligné que Justin Trudeau avait tenté de trouver terrain d'entente entre les sept leaders.
«Lors de ces rencontres, nous allons toujours affirmer clairement que les changements climatiques sont un enjeu extrêmement important. C'est très important pour les Canadiens et nous sommes fiers d'avoir adopté une position ferme à la maison, et une position ferme ailleurs dans le monde sur cet enjeu», a soutenu Chrystia Freeland, ajoutant qu'il en va de même pour le commerce.
«Le Canada croit fermement à l'importance d'une réglementation internationale du commerce. Nous sommes une nation commerciale et nous allons toujours défendre cela», a-t-elle poursuivi.
Rencontre bilatérale avec Trump
Justin Trudeau, qui s'est brièvement entretenu avec la première ministre britannique, Theresa May, vendredi, doit se réunir avec son homologue américain samedi.
Les libéraux espéraient pouvoir obtenir une telle rencontre dans le but de plaider leur cause en ce qui a trait à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et à d'autres questions transfrontalières.
Au sujet du libre-échange et des changements climatiques, M. Trudeau s'attend à trouver un allié en la personne d'Emmanuel Macron, le nouveau président français avec qui il a eu une rencontre bilatérale vendredi.
«Dans un monde avec de plus en plus de déséquilibre, d'incertitude et de fascination pour les régimes autoritaires [...] l'histoire de nos pays devrait être défendue, de même que nos valeurs», a déclaré le nouveau dirigeant de l'Hexagone au cours de la portion publique de sa rencontre avec M. Trudeau.
Le Canada accueillera le sommet du G7 à Charlevoix, l'an prochain, et un représentant du gouvernement dit s'attendre à ce que Justin Trudeau fasse de la croissance inclusive et de l'égalité des sexes des thèmes majeurs de la rencontre.