Les députés français ont voté vendredi l’ouverture de la procréation médicale assistée (PMA) à toutes les femmes.

France : les députés votent l'ouverture de la procréation médicale assistée à toutes les femmes

PARIS — Les députés français ont voté vendredi l’ouverture de la procréation médicale assistée (PMA), aujourd’hui réservée aux couples hétérosexuels, à toutes les femmes, célibataires ou lesbiennes en couple, malgré la vive opposition de la droite.

Âprement débattu depuis mercredi, cet article 1er du vaste projet de loi sur la bioéthique a été adopté par 55 voix contre 17, et 3 abstentions.

Il s’agit de la première grande réforme sociétale du président Emmanuel Macron. La PMA permet d’avoir un enfant au moyen de différentes techniques médicales (insémination artificielle, fécondation in vitro...). Elle est remboursée par la sécurité sociale.

Près de trois semaines de débats sont prévues, avec plus de 2500 amendements déposés, avant un vote solennel le 15 octobre.

Le gouvernement espère des débats apaisés sur ce dossier sensible, à rebours de la controverse enflammée autour du mariage homosexuel qui avait déchiré le pays en 2013.

Outre l’extension de la PMA, le vaste projet de loi aborde nombre d’autres sujets hautement sensibles. En 32 articles, il prévoit notamment une réforme de la filiation et de l’accès aux origines des enfants nés par don, mais traite aussi de l’autoconservation des ovocytes ou de la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

La liberté de vote est de mise pour les députés, alors qu’apparaissent des lignes de fracture non pas «entre les groupes, mais à l’échelon individuel», a observé la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Elle avait affiché en amont auprès de l’AFP une volonté de ne pas «heurter» les parlementaires et à travers eux la société, face à des «émotions» liées à «des histoires de vie».

Promesse de campagne du président centriste Emmanuel Macron, et avant lui de son prédécesseur socialiste François Hollande, la PMA pour toutes a le soutien de la gauche et de la quasi-totalité des députés de la majorité présidentielle.

Elle est en revanche contestée par une grande partie des députés Les Républicains (LR, droite), contre ce qu’ils dénoncent comme une «PMA sans père», ainsi que par le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN).

Certains craignent que l’extension de la PMA ait un «effet domino» provoquant à terme la légalisation de la gestation pour autrui - c’est-à-dire le recours aux mères porteuses -, aujourd’hui interdite.

La PMA est déjà autorisée aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires dans dix pays de l’Union européenne sur vingt-huit: Portugal, Espagne, Irlande, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Danemark, Suède, Finlande.

Sept l’autorisent aux femmes célibataires, mais pas aux couples de lesbiennes : Estonie, Lettonie, Hongrie, Croatie, Bulgarie, Grèce, Chypre. L’Autriche et Malte la permettent aux couples de lesbiennes, mais pas aux femmes célibataires.