La première ministre Theresa May a maintenu que le président américain Donald Trump et elle sont «amis», mais elle a tenu à souligner qu'il leur incombe de faire perdurer «l'unité» entre leurs deux nations.

Exercice de gymnastique diplomatique pour Trump au Royaume-Uni

CAMBERLEY — Le président Donald Trump a fait de la gymnastique diplomatique, vendredi, en ravalant ses critiques de la première ministre Theresa May et en insistant sur le caractère hautement «spécial» de la relation entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

Après une série de déclarations explosives sur ses hôtes britanniques, Donald Trump s'est tenu tranquille en clôturant son séjour par une tasse de thé avec la reine.

Son passage au Royaume-Uni a été éclipsé par d'immenses manifestations et une entrevue foudroyante accordée au quotidien The Sun dans laquelle il s'en était pris à Mme May, au maire de Londres et à l'immigration en Europe.

Des dizaines de milliers de protestataires ont rempli les rues de la capitale, alors qu'un ballon gonflable de six mètres de hauteur représentant le président américain en tant qu'un bébé colérique avec une couche aux fesses survolait le Parlement.

Après la publication de ses propos fracassants vendredi matin, celui qui se targue de ne jamais faire marche arrière a fait volte-face à sa façon en conférence de presse.

«Je n'ai pas critiqué la première ministre. J'ai beaucoup de respect pour la première ministre», a-t-il insisté avant de dévier le blâme vers son bouc émissaire préféré, les médias.

Il a reproché au tabloïd appartenant à Rupert Murdoch — également propriétaire de Fox News, aux États-Unis — d'avoir omis la portion de l'entrevue où il aurait fait l'éloge de Theresa May.

L'enregistrement intégral était cependant déjà publié sur le site Web de The Sun, et ne corrobore pas cette affirmation.

Un ballon gonflable de six mètres de hauteur représentant le président américain en tant qu'un bébé colérique avec une couche aux fesses survolait vendredi le Parlement pendant les manifestations.

La première ministre May a pour sa part maintenu que le président américain et elle sont «amis», mais elle a tenu à souligner qu'il leur incombe de faire perdurer «l'unité» entre leurs deux nations.

Avant de s'envoler vers le Royaume-Uni, Donald Trump avait pourtant démoli l'approche du Brexit adoptée par la dirigeante britannique. Il avait même avancé que son ancien ministre aux Affaires étrangères, Boris Johnson, ferait un «excellent» premier ministre, alors que ce dernier a claqué la porte du cabinet plus tôt cette semaine.

M. Trump avait aussi rudoyé le maire de Londres, Sadiq Khan. Il était allé jusqu'à le pointer du doigt pour les récents attentats contre la capitale.

M. Khan, un musulman d'origine pakistanaise, lui a réclamé vendredi des explications.

«Paris, Nice, Bruxelles, Berlin. Des villes aux États-Unis. Toutes ont subi des attaques terroristes, a-t-il souligné en entrevue avec Sky News. Le président Trump doit expliquer pourquoi il m'a ciblé en tant que maire de Londres et pas les maires des autres villes.»

Le maire a également tenu à souligner les bénéfices de l'immigration au Royaume-Uni, après que Donald Trump l'eut plutôt caractérisée comme une menace.

«Permettre l'immigration en Europe est une mascarade, avait-il lancé. Je pense que ça a changé tissu social de l'Europe et, si vous n'agissez pas rapidement, ce ne sera plus jamais pareil et je ne dis pas ça dans un bon sens.»

Ces déclarations dommageables constituent la plus récente entorse faite au protocole diplomatique par Donald Trump, dont les prédécesseurs s'abstenaient généralement de critiquer leurs hôtes étrangers.

Après une série de déclarations explosives sur ses hôtes britanniques, Donald Trump s'est tenu tranquille en clôturant son séjour par une tasse de thé avec la reine Elizabeth II.