États-Unis: paralysie évitée pour l’instant après un vote à la Chambre des représentants

La Chambre des représentants des Etats-Unis a adopté jeudi une mesure de financement temporaire pour éviter une fermeture des administrations fédérales, en attendant un vote qui s’annonce plus serré au Sénat.

Une Chambre des représentants divisée a voté jeudi pour empêcher une paralysie partielle du gouvernement après qu’une entente de dernière minute eut rallié les conservateurs. Toutefois, la mesure rédigée par les républicains fait face à un avenir incertain au Sénat, et on ignore encore si les législateurs seront en mesure de trouver un moyen de maintenir les activités des bureaux fédéraux après l’échéance de vendredi soir.

Le vote de 230 voix contre 197 pour approuver le projet de loi a quasiment collé à des lignes de parti. Il permettrait à des centaines de milliers d’employés fédéraux de poursuivre leurs activités jusqu’au 16 février, et d’accorder plus de temps aux négociateurs au Congrès et à la Maison-Blanche pour régler les différends sur l’immigration et le budget avec lesquels ils sont aux prises depuis plusieurs mois.

L’adoption à la Chambre des représentants a été rendue possible par un accord entre le Freedom Caucus - un groupe parlementaire de tendance ultraconservatrice - et le président de la Chambre, le républicain Paul Ryan. Le chef du groupe parlementaire, Mark Meadows, a indiqué que M. Ryan avait promis des votes futurs sur des dépenses additionnelles en défense et sur un projet de loi conservateur et restrictif en immigration. M. Meadows a aussi discuté avec le président Donald Trump.

Un rejet au Sénat laisserait planer l’incertitude avec une seule garantie, celle que tant les républicains que les démocrates feraient porter le blâme au parti rival.

Les républicains contrôlent le Sénat avec 51 sièges contre 49 et auront besoin d’un nombre important de démocrates pour atteindre le seuil nécessaire de 60 voix. Les républicains défiaient pratiquement les démocrates de torpiller le projet de loi et de forcer une paralysie partielle du gouvernement en raison des mesures sur l’immigration.

«S’il y a un arrêt du gouvernement - et espérons que ce ne sera pas le cas -, ce sera la faute aux démocrates», a affirmé le sénateur Richard Shelby.

Les républicains demandaient qu’un projet de loi distinct budgétaire finançant le gouvernement pour le reste de l’année comporte des hausses majeures pour les forces armées, et ils ont accusé les démocrates de mettre en péril le financement du Pentagone. Les démocrates réclamaient de leur côté des augmentations aussi importantes pour les programmes intérieurs sur les thérapies contre les opioïdes et les anciens combattants - des mesures également soutenues par plusieurs républicains.

Bien qu’un dénouement positif sur ces tractations semblât possible, le différend sur l’immigration se profilait comme l’obstacle principal, et des démocrates tentent d’utiliser comme levier la nécessité de maintenir le financement du gouvernement pour obtenir des politiques plus favorables à l’immigration.

«Si ce projet de loi est adopté, il n’y aura plus d’incitatifs à négocier, et nous serons de retour au même point dans un mois avec les mêmes problèmes à nos pieds», a affirmé le président de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.