Masquée, la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi se dirige vers son bureau après le vote sur la rallonge au plan de soutien aux petites et moyennes entreprises américaines.
Masquée, la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi se dirige vers son bureau après le vote sur la rallonge au plan de soutien aux petites et moyennes entreprises américaines.

États-Unis: le Congrès adopte un nouveau plan d’aide de 483 milliards $US

Julie Chabanas
Agence France-Presse
WASHINGTON — Le Congrès américain a adopté jeudi un nouveau plan d’aide à l’économie américaine et aux hôpitaux pour faire face à la pandémie qui a déjà fait plus de 49 000 morts et 26 millions de chômeurs aux États-Unis, où le débat s’échauffe sur le confinement.

Malgré les appels à la prudence, certains États tels que le Texas, le Vermont ou la Géorgie, ont décidé de rouvrir une partie des commerces.

Souvent masqués, parfois gantés, les élus de la Chambre des représentants ont, eux, adopté jeudi, dans un hémicycle régulièrement désinfecté, une nouvelle enveloppe de 483 milliards $US (680 milliards $).

Déjà approuvé par le Sénat, ce plan d’aide devrait être promulgué par Donald Trump, «probablement ce [jeudi] soir», a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse quotidienne.

Il comprend 320 milliards $US (450 milliards $) qui seront déboursés sous forme de prêts aux petites et moyennes entreprises (PME) terrassées par la crise de la COVID-19. Objectif: leur permettre de maintenir leurs employés en poste.

Un premier volet d’aide avait été critiqué car de grandes entreprises avaient pu en bénéficier. Cette fois, des mesures sont prévues pour réellement permettre aux plus petites entreprises, qui n’ont pas toujours des relations étroites avec les banques, d’en profiter.

Les mesures incluent également 60 milliards $US (84 milliards $) de prêts destinés à d’autres secteurs sinistrés, notamment dans l’agriculture, 75 milliards $US (105 milliards $) d’aides aux hôpitaux et 25 milliards $US (35 milliards $) pour renforcer le dépistage du coronavirus, un facteur jugé clé pour pouvoir relancer l’activité.

Le président américain, qui briguera en novembre un second mandat à la Maison-Blanche, avait fait de la bonne santé de l’économie américaine un de ses principaux arguments de campagne.

Or, depuis le mois de mars, ce n’est plus la croissance américaine qui croît, mais le nombre de chômeurs, qui augmente à des niveaux record. En cinq semaines, plus de 26 millions de personnes ont perdu leur emploi ou vu leur activité réduite à néant, selon les chiffres publiés jeudi par le département du Travail.

La semaine passée, 4,42 millions de personnes ont demandé une allocation chômage pour la première fois.

Le pays divisé face à la fin du confinement

Donald Trump a hâte de relancer l’économie des États-Unis, laissant désormais les gouverneurs des 50 États à la manœuvre.

Mais ceux-ci avancent divisés. Certains n’ont pas attendu pour permettre aux commerces de lever à nouveau leur rideau, alors que les manifestations se sont multipliées dans le pays pour exiger de pouvoir recommencer à mener une vie normale, en dépit des mises en garde des scientifiques.

En Géorgie, petit État du sud-est, les coiffeurs, salons de beauté et de tatouages, mais aussi les salles de quilles, entre autres, pourront rouvrir dès vendredi. Lundi prochain, ce sera au tour des cinémas et restaurants, moyennant des règles strictes de distanciation sociale et de nettoyage.

Quant aux habitants de la Floride, ils peuvent de nouveau profiter de certaines plages depuis dimanche, et certaines activités ont prudemment redémarré depuis lundi au Texas et dans le Vermont.

«Je suis mécontent de Brian Kemp», le gouverneur de Géorgie, a réagi Donald Trump.

Si M. Trump a bien appelé à «redémarrer l’Amérique» la semaine dernière, la Maison-Blanche préconise notamment d’enregistrer 14 jours de baisse du nombre de nouvelles infections avant d’assouplir les mesures, ce qui n’a pas été constaté en Géorgie.

Le président s’est montré optimiste sur l’évolution de l’épidémie, en soulignant que «46 États ont enregistré une baisse dans les patients montrant des symptômes du type coronavirus».

«Nous sommes très proches d’un vaccin», a-t-il ajouté.

Face à ces élus pressés d’en finir avec le confinement, le gouverneur démocrate de New York, épicentre de la pandémie aux États-Unis, a lui appelé à la prudence.

«Je comprends la pression» que peuvent ressentir les gouverneurs pour assouplir les règles, a déclaré Andrew Cuomo, rejetant catégoriquement l’argument voulant que la paralysie de l’économie et le confinement soient pires que le risque de voir l’épidémie se propager.

Avec plus de 49 000 décès, les États-Unis affichent le plus lourd bilan du monde. Ils dénombrent plus de 870 000 cas de COVID-19.