Le premier ministre sortant Pedro Sanchez fête sa victoire avec son parti.

Espagne: Sanchez sort vainqueur

MADRID — Le premier ministre socialiste sortant Pedro Sanchez a remporté dimanche les quatrièmes législatives en quatre ans en Espagne, mais affaibli. Il n’a pas amélioré ses chances de gouverner alors que le parti d’extrême droite Vox est devenu la troisième force politique du pays, à la faveur de la crise catalane.

Après le dépouillement de près de 100 % des bulletins de vote, le Parti socialiste (PSOE) de M. Sanchez, qui espérait obtenir une majorité claire pour mettre fin au blocage politique qui mine le pays depuis 2015, ne compte plus que 120 députés contre 123 après le précédent scrutin, en avril.

Sous les cris d’encouragement de ses partisans, il s’est engagé à «débloquer la situation politique et à former un gouvernement progressiste».

S’il parvient à être reconduit au pouvoir par la chambre des députés, ce qu’il n’avait pas réussi à faire après le scrutin d’avril, M. Sanchez devra se contenter d’un fragile gouvernement minoritaire obligé de négocier des appuis au cas par cas au Parlement.

Vox, formation ultranationaliste et anti-immigration entrée au Parlement en avril avec 24 élus, a remporté 52 sièges.

Mais Podemos, la gauche radicale qui avait grimpé encore plus vite que Vox, a regretté que ce parti soit «devenu une des extrêmes droites les plus fortes d’Europe». Le résultat a d’ailleurs été salué par les leaders d’extrême droite français Marine Le Pen et italien Matteo Salvini.

Les conservateurs du Parti populaire (PP, 88 sièges) ont eux redressé la barre après le pire résultat de leur histoire en avril (66 sièges) tandis que la gauche radicale de Podemos a perdu sept députés (35 contre 42 en avril) et que les libéraux de Ciudadanos se décomposent et tombent de 57 à 10 députés.

Mais le Parlement est une fois de plus bloqué, comme il l’est depuis la fin du bipartisme PP-PSOE en 2015 avec l’arrivée de Podemos et de Ciudadanos.

Ni un bloc de gauche (PSOE, Podemos et sa liste dissidente Mas Pais) ni une alliance des droites (PP, VOX et Ciudadanos) n’atteignent la majorité absolue de 176 sièges sur 350.

Vox a surfé sur la crise en Catalogne qui a dominé la campagne après les nuits de violences ayant suivi la condamnation mi-octobre de neuf dirigeants indépendantistes à de lourdes peines de prison pour la tentative de sécession de 2017.

Les partis indépendantistes catalans ont consolidé leur représentation : à trois, ils totalisent 23 sièges (contre 22 en avril) sur les 48 qui étaient en jeu en Catalogne.