Lundi dernier, 155 migrants ivoiriens en Libye ont été rapatriés dans leur pays par avion.

Esclavage en Libye: des «crimes contre l’humanité»

PARIS — La France a qualifié mercredi de «crimes contre l’humanité» les ventes de migrants africains comme esclaves en Libye et demandé une réunion «expresse» du Conseil de sécurité des Nations unies sur ce sujet.

Cette pratique, exposée dans un récent reportage de la chaîne américaine CNN, «relève de la traite des êtres humains, c’est un crime contre l’humanité», a déclaré le président Emmanuel Macron à l’issue d’une rencontre avec le président guinéen Alpha Condé.

«Ce qui s’est passé [en Libye] est scandaleux [...] inacceptable», a jugé ce dernier, qui est aussi président en exercice de l’Union africaine (UA).

Un documentaire-choc de CNN diffusé le 14 novembre a montré des images d’une vente aux enchères d’esclaves près de Tripoli, suscitant une vague d’indignation, notamment en Afrique.

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d’une impunité totale, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage depuis les côtes libyennes vers l’Italie. Beaucoup de migrants se retrouvent coincés en Libye, livrés à l’arbitraire de milices et de trafiquants sans scrupules.

La France, active dans la recherche d’une solution à la crise libyenne — en tentant de réconcilier les deux principaux rivaux, le premier ministre Fayez al-Sarraj et l’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar — a décidé de prendre l’initiative au Conseil de sécurité.