La police militaire néerlandaise a rapidement bouclé le périmètre où les agents ont dû tirer sur un homme qui s'est présenté à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol armé d'un couteau.

Émoi à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol

AMSTERDAM - Des agents de la police militaire néerlandaise ont tiré vendredi sur un homme qui est entré dans leur bureau et les a menacés d’un couteau à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, semant la panique parmi les navetteurs.

Vendredi après-midi, un homme est entré dans le bureau de la police militaire ici à Schiphol et a menacé avec un couteau mes collègues qui ont tiré des coups de feu, a rapporté Dennis Muller, porte-parole de la police militaire. «Il a été touché à la jambe et emmené à l’hôpital à Amsterdam.»

L’individu, qui semblait confus, a été identifié par la suite comme étant un homme de 29 ans venant de La Haye. «L’homme est connu de la police militaire en lien avec de précédents incidents violents à Schiphol», a informé la police militaire sur Twitter plus tard dans la soirée.

«Nos enquêteurs sont sur place pour essayer de déterminer exactement quel était son mobile», a précisé M. Muller.

L’incident a provoqué la panique au sein du Schiphol Plaza, vaste hall d’entrée de l’aéroport et centre commercial où passent des milliers de personnes chaque jour en route vers les portes d’embarquement ou à peine débarquées de leur avion.

«J’ai entendu beaucoup de gens courir en panique. J’ai pensé : ‘‘que se passe-t-il?’’» a raconté la responsable d’un restaurant à la télévision publique NOS.

«Il y avait beaucoup de gens en train de pleurer», a-t-elle poursuivi. «Ils se sont réfugiés chez nous, à l’arrière. Vers la cuisine, la chambre froide et même dans le congélateur.»

Informé par son équipe, le gérant Tom Boelen a couru vers le Plaza. «Mais pendant un moment, je ne pouvais pas bouger à cause de la foule», a-t-il expliqué à l’AFP sur place. «À ce stade, c’était déjà assez calme. La Marechaussee [la police militaire] avait tout sous contrôle.»

Le hall avait été immédiatement évacué, a fait savoir à l’AFP Tom Goemans, chargé de communication de l’aéroport. Avant d’être à nouveau accessible aux passagers vers 17h30 (11h30, heure du Québec).

Périmètre dressé

Un périmètre a été dressé à l’aide de ruban rouge et blanc autour du bureau de police situé au milieu du Plaza ainsi qu’autour du café Starbucks voisin, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Des écrans verts et blancs dressés par les forces de l’ordre empêchent les curieux d’observer les lieux de l’incident.

«La situation est revenue à la normale. Les trains roulent à nouveau et les avions quittent l’aéroport», a remarqué M. Muller.

Circulant sous la plateforme, les trains depuis et vers Schiphol avaient été arrêtés par mesure de sécurité. Mais ces «restrictions sont levées», a annoncé la compagnie ferroviaire NS sur son site.

Dans une vidéo amateur prise par un téléphone intelligent, on entend un témoin s’exclamer «on tire des coups de feu» ainsi que trois tirs d’arme à feu distincts faisant écho à travers le Plaza.

Des images montrent également des secouristes faisant rouler un brancard sur lequel est allongé quelqu’un hors de l’aéroport.

L’employée d’un restaurant du hall d’entrée de l’aéroport a vu un homme brandir un couteau avant d’entendre un seul coup de feu, a-t-elle rapporté à l’AFP.

«C’était quelque chose d’effrayant de le voir brandir son couteau», a réagi l’employée, qui préférait garder l’anonymat.

Les Pays-Bas ont jusqu’à présent été épargnés alors que des attentats terroristes ont touché tous les plus proches voisins européens ces dernières années.

Mais ces derniers mois, des événements reliés de près ou de loin au terrorisme ont toutefois diffusé un sentiment de frayeur à travers le pays et appelé les services de la sécurité et du renseignement à la plus haute vigilance.

L’aéroport de Schiphol est une des plus importantes plaques tournantes du trafic aérien en Europe.

Il avait été évacué en avril 2016, tard dans la nuit, trois semaines seulement après les attentats-suicides dans le métro et l’aéroport de Bruxelles, qui avaient fait 32 morts. L’alerte avait été provoquée par un Polonais ivre qui avait faussement assuré avoir une bombe et être un terroriste.

En novembre 2016, la police avait alors arrêté un immigrant clandestin dans un état de confusion à la suite d’une opération déclenchée par les forces de sécurité à l’aéroport de Rotterdam après une alerte anonyme.