Elizabeth Warren n’a reçu que 9 % des votes lors de la primaire dans le New Hampshire.

Elizabeth Warren: l’étoile montante pâlit

WASHINGTON — Un temps favorite des primaires démocrates, portée par son image de candidate munie d’un programme très étoffé sur une multitude de sujets, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren était mercredi en périlleuse position après son résultat très décevant dans le New Hampshire.

Son discours n’a même pas été retransmis en direct par les grandes chaînes câblées américaines.

Mardi soir, alors qu’elle venait d’apprendre qu’elle n’arrivait que quatrième dans ce petit État qui a un grand pouvoir d’influence dans la longue course à l’investiture présidentielle, Elizabeth Warren a cherché à faire taire ceux qui la voyaient jeter l’éponge en se projetant rapidement vers le futur.

«Nous nous dirigeons peut-être vers une de ces longues batailles de primaires qui durent des mois», a déclaré la sénatrice âgée de 70 ans devant ses électeurs, en félicitant les trois rivaux arrivés loin devant elle : le sénateur indépendant Bernie Sanders, vainqueur, talonné par l’ex-maire Pete Buttigieg devant la sénatrice modérée Amy Klobuchar.

En saluant la performance-surprise de cette dernière, Elizabeth Warren a lancé une phrase qu’elle semblait bien vouloir s’appliquer : elle a «démontré à quel point les commentateurs pouvaient se tromper quand ils pensent qu’une femme n’a plus aucune chance».

Reste que son avenir proche semble bien compromis.

Depuis quarante ans, personne à l’exception de Bill Clinton n’a remporté la présidentielle après avoir perdu le New Hampshire et l’Iowa, où elle était arrivée troisième le 3 février.

Et le revers est d’autant plus cuisant que beaucoup lui prédisaient un avantage dans le New Hampshire, en raison de sa proximité avec son État du Massachusetts, qu’elle représente au Sénat.

Avec 9 % des suffrages, Elizabeth Warren n’est même pas parvenue à passer la barre des 15 % qui lui aurait permis de décrocher des délégués. Or ce sont eux qui détiennent le sésame de l’investiture démocrate : le premier candidat à obtenir la majorité absolue, de 1991, représentera le parti face à Donald Trump en novembre.

La sénatrice ne peut pas tabler sur des victoires évidentes dans les deux prochains États qui voteront. Elle n’arrive que troisième dans la moyenne des rares sondages portant sur le Nevada (22 février), et quatrième en Caroline du Sud (29 février).

«Rêver en grand»

Commentant, moqueur, la course des démocrates, le président républicain Donald Trump a jugé qu’elle avait passé une «très mauvaise soirée».

«Je pense qu’elle signale qu’elle veut sortir de la course», a-t-il estimé, en la surnommant, encore une fois, «Pocahontas», en référence à la polémique sur les origines amérindiennes très lointaines, mais longtemps revendiquées par la sénatrice.

C’est l’une des controverses qui pèsent depuis le début sur sa candidature.

Ancienne électrice républicaine, née de parents modestes dans un Oklahoma marqué par la conquête de l’Ouest et la culture amérindienne, Elizabeth Warren avait grimpé à l’automne jusqu’au sommet des sondages en se targuant d’avoir un programme déjà très étoffé sur tous les sujets.

«J’ai un projet pour cela» est devenue la phrase emblématique de la campagne de cette ancienne enseignante pour enfants handicapés puis professeure de droit à Harvard et sénatrice depuis 2013.

Mais elle a dérapé à l’automne sur la question, fondamentale aux États-Unis, de la réforme de la santé, en laissant un temps flotter le doute avant de finalement se ranger du côté de Bernie Sanders, en faveur d’une refonte du système.