Ancien secrétaire au Travail, Tom Perez est devenu, à 55 ans, le premier Hispanique à prendre la tête du parti.

Élection «truquée» du président des démocrates , dit Trump

Donald Trump a estimé dimanche sur Twitter que l'élection du président du parti démocrate américain la veille avait été «truquée».
«La course à la présidence du DNC [le parti démocrate] était, bien sûr, complètement "truquée". Le type de Bernie [Sanders], comme Bernie lui-même, n'avait aucune chance. Clinton exigeait Perez», a écrit le président américain.
Les démocrates ont élu samedi à Atlanta le nouveau président du Democratic National Committee (DNC), Tom Perez, un Hispanique proche de Barack Obama. Son principal adversaire, Keith Ellison, nommé numéro deux, représentait l'aile gauche du parti, soutenu par l'ex-candidat à la présidentielle Bernie Sanders.
Cette élection a été samedi l'objet d'un échange acerbe sur Twitter entre le président américain et Tom Perez. Sarcastique, Trump avait félicité les démocrates pour avoir choisi «Thomas Perez», ironisant: «je ne pouvais pas être plus heureux pour lui, ou pour le Parti républicain!».
«Appelez-moi Tom. Et ne vous réjouissez pas trop», avait rétorqué M. Perez, lui promettant que la nouvelle direction du parti et «les démocrates unis dans tout le pays seront votre pire cauchemar».
Premier Hispanique
Né aux États-Unis de parents originaires de République dominicaine, Tom Perez, ancien secrétaire au Travail, est devenu, à 55 ans, le premier Hispanique à prendre la tête du parti.
Barack Obama, qui a quitté le pouvoir le 20 janvier, a immédiatement salué l'élection de son «ami», se disant convaincu qu'il saurait rassembler sa famille politique et «faire émerger une nouvelle génération de leaders».
Élu avec 235 voix (sur 435 votants), ce représentant de l'establishment démocrate a immédiatement tendu la main à l'aile «Bernie Sanders» du parti, en nommant son principal adversaire, Keith Ellison, qui a obtenu 200 voix, au poste de numéro deux.
Lançant un appel à l'unité, Perez, qui était l'un des finalistes pour le poste de vice-président d'Hillary Clinton, a souligné qu'il s'agissait d'un moment à part dans l'histoire de son parti que les Américains étudieraient dans plusieurs années.
«Ils nous demanderont: où étiez-vous en 2017 lorsque nous avions le pire président de l'histoire des États-Unis? Et nous serons capables de répondre que nous avons rassemblé le Parti démocrate et que ce président n'a fait qu'un mandat.»
Le président du parti n'a pas la même fonction aux États-Unis que dans d'autres démocraties. Il n'est pas traditionnellement le visage de l'opposition (c'est plutôt le rôle des chefs de groupes au Congrès), et ne fixe pas à lui seul les grands axes du parti.
Sa tâche consiste à lever des fonds et à animer le mouvement au niveau national, notamment en organisant le maillage du territoire et en gérant des bases de données d'électeurs. Son rôle est crucial lors des primaires présidentielles, dont il doit garantir la transparence et l'impartialité.
Mais après la défaite d'Hillary Clinton, cette élection a suscité une attention particulière. Beaucoup de militants veulent que le nouveau chef porte la contradiction à Donald Trump de façon plus médiatique et plus forte.
Alors que la vague de manifestations anti-Trump ne faiblit pas depuis son arrivée au pouvoir, les démocrates veulent convertir cette énergie en puissance électorale pour les législatives de novembre 2018 et la présidentielle de 2020.
Lutter contre les divisions
Dans un message vidéo vendredi, Hillary Clinton avait encouragé ces manifestants à continuer le combat. «Que la résistance et la persistance soient synonymes de progrès pour notre parti et notre pays», avait-elle déclaré.
Après sa défaite, Keith Ellison a immédiatement lui aussi appelé à l'unité. «Je vous demande de faire tout votre possible pour soutenir M. Perez [...] Nous ne pouvons pas nous permettre de quitter cette pièce divisée», a-t-il lancé.
Durant les débats, Tom Perez comme Keith Ellison ont souligné que leur parti devait retisser le lien perdu avec les classes populaires et les travailleurs, notamment blancs, dont beaucoup ont été séduits par le discours populiste de Donald Trump en novembre.