Les camps ont été équipés de conteneurs habitables.

Dispositif anti-immigration: nouveau défi de la Hongrie à l'UE

La Hongrie a encore resserré son dispositif anti-­immigration, avec l'entrée en vigueur mardi d'une loi de placement en détention systématique des demandeurs d'asile, une disposition dénoncée comme non conforme au droit international et qui place l'Union européenne (UE) dans l'embarras.
Selon la nouvelle législation, tous les demandeurs d'asile présents en Hongrie ou y arrivant doivent être regroupés dans deux camps fermés installés à la frontière serbe, à Röszke et à Tompa.
La mesure de placement en détention systématique vise à «empêcher les migrants dont le statut n'est pas clairement défini de se déplacer librement sur le territoire national et au sein de l'UE, et donc de réduire les risques sécuritaires liés aux migrations», a souligné le gouvernement du dirigeant Viktor Orban, qui se présente comme le champion de l'opposition à l'arrivée de migrants en Europe, qu'il qualifie de «poison».
Mesure dénoncée
Les camps ont été équipés de 324 conteneurs habitables. Les arrivants devront y séjourner dans l'attente d'une décision définitive concernant leur demande d'asile et il ne leur sera possible de quitter les lieux qu'en cas d'avis positif ou s'ils retournent en Serbie.
La loi adoptée le 7 mars, qui semble lier les demandeurs d'asile à l'insécurité, a été dénoncée par plusieurs ONG et par le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés. Ce dernier a relevé qu'elle «viole les obligations de la Hongrie vis-à-vis des lois internationales et européennes» en matière d'asile.