Le suspect a été abattu par des militaires à la gare de Marseille.

Deux femmes tuées au couteau à Marseille

Deux jeunes femmes ont été tuées dimanche à l'arme blanche à la gare principale de Marseille, dans le sud de la France, par un homme qui a ensuite été abattu par des militaires, une attaque revendiquée par le groupe État islamique (EI).
Celle-ci a eu lieu vers 13h45 (7h45 heure du Québec), sur le parvis de la gare Saint-Charles. Selon une source proche de l'enquête, l'assaillant, âgé d'une trentaine d'années et qui ne portait pas de papiers d'identité sur lui, «aurait crié Allah Akbar» en poignardant une femme et en en égorgeant une autre.
Il était connu pour des faits de droit commun sous plusieurs identités, selon des sources proches de l'enquête.
L'assaillant a été abattu par les militaires de l'opération Sentinelle, mise en place après les attentats de janvier 2015 en France. Il est décédé.
Les victimes «auraient environ 20 ans», selon une source policière.
La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête, ouverte notamment pour «assassinats en relation avec une entreprise terroriste» et «tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique».
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui s'est rendu sur place, s'est toutefois montré prudent. «Cet acte pourrait être de nature terroriste, mais à cette heure, nous ne pouvons pas l'affirmer», a-t-il déclaré.
Quelques heures plus tard, l'organisation jihadiste État islamique a fait savoir via son organe de propagande que l'assaillant «provient des soldats de l'État islamique».
Tout l'après-midi, le secteur de la gare Saint-Charles a été bouclé par plus de 200 policiers. Totalement interrompu, le trafic ferroviaire a peu à peu repris en début de soirée.
«J'ai entendu crier "Allah Akbar", et j'ai vu un homme vêtu tout en noir, il me semble», a raconté à l'AFP Mélanie Petit, une étudiante de 18 ans. «Une personne s'est effondrée», et «il y a eu un temps de latence avant que les gens se mettent à courir».
«Une dizaine de témoins» étaient encore entendus dimanche soir par les enquêteurs, selon M. Collomb.
La gare se situe tout près du centre-ville, non loin de la fameuse Canebière, artère mythique de la ville menant au Vieux-Port.
Le président français Emmanuel Macron s'est dit sur Twitter «profondément indigné par cet acte barbare». «Nous ne baissons pas la garde», a de son côté assuré sur Twitter le premier ministre Édouard Philippe, faisant part de sa «colère et tristesse pour les victimes».
«Panique maîtrisée»
À l'intérieur de la gare, «des gens, pas en treillis, peut-être des policiers en civil, nous criaient de partir. Beaucoup dans la foule restaient sur place», a raconté à l'AFP Jeanne, 33 ans.
Les forces de l'ordre «se sont mises en place et ont fait descendre les gens des trains. On a été regroupé au bout des quais avant d'être évacué», a relaté Guillaume, un autre jeune homme. Il a évoqué «une panique maîtrisée». «Les gens ne se marchaient pas dessus».
Ce nouvel attentat intervient deux jours avant le vote à l'Assemblée nationale d'un projet de loi antiterroriste controversé qui vise à transposer dans le droit commun certaines mesures de l'état d'urgence instauré par l'ancien gouvernement socialiste après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris (130 morts).
Lundi débutera par ailleurs le procès pour complicité du frère de Mohamed Merah, qui avait tué au nom du jihad en mars 2012 sept personnes, dont trois enfants d'une école juive, à Toulouse (sud-ouest) et dans ses environs.
Depuis, la France a été frappée à de multiples reprises, notamment en janvier 2015 (17 morts), notamment contre le journal satyrique Charlie Hebdo et une épicerie juive.
Hormis les deux victimes de dimanche, 239 personnes ont péri dans des attentats survenus en France depuis 2015.
«Face à ces meurtres barbares, [...] qu'on considère enfin le terrorisme pour ce qu'il est, un acte de guerre», a réagi Marine Le Pen, présidente du Front national (extrême droite) tandis que le chef de file de la France Insoumise (gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon dénonçait un «assassin aussi répugnant que ses motifs».