Une dame âgée porte un masque dans un marché public à Mexico.
Une dame âgée porte un masque dans un marché public à Mexico.

Deux États mexicains instaurent un confinement obligatoire

Agence France-Presse
MEXICO — Les États de Michoacan et de Jalisco, dans l’ouest du Mexique, ont instauré lundi un confinement obligatoire des personnes pour lutter contre la pandémie de COVID-19, adoptant des mesures plus dures que le gouvernement fédéral.

Ces deux États concentrent à eux seuls quelque 10 % des 120 millions d’habitants que compte le Mexique.

Le gouvernement du Michoacan, où se trouve le port le plus important du Mexique, Lazaro Cardenas, a décidé ce confinement obligatoire et imposera des sanctions, notamment des travaux d’intérêt général, à ceux qui ne respecteront pas cette mesure, a annoncé dans un message diffusé lundi le gouverneur de l’État, Silvano Aureoles.

Le confinement obligatoire a été décidé en raison de l’indiscipline de personnes qui «continuent à organiser des fêtes» dans l’État, a expliqué le gouverneur.

Seules peuvent désormais sortir de leur habitation les personnes qui doivent sortir pour acheter des vivres, des médicaments, pour aller dans des centres de santé, dans des banques, ou pour porter assistance à des personnes âgées, des mineurs ou des personnes handicapées.

Pour faciliter le respect du confinement, la police du Michoacan, où vivent 4,6 millions de personnes, distribuera de l’aide alimentaire aux citoyens les plus nécessiteux, a indiqué le gouverneur.

Les personnes qui auront enfreint le confinement se verront infliger des sanctions allant d’une amende à l’isolement obligatoire dans 10 centres créés à cet effet, a poursuivi M. Aureoles.

Elles pourront aussi être contraintes à confectionner des masques antivirus ou «à faire du nettoyage dans les hôpitaux et les centres de santé», a-t-il dit.

De même, le gouverneur de Jalisco, Enrique Alfaro, a annoncé dans une vidéo diffusée dimanche soir qu’«à partir de lundi les mesures d’isolement social auront un caractère obligatoire, que ceux qui ne les respecteront pas seront sanctionnés, et que la force publique sera chargée de les faire appliquer».

L’État de Jalisco compte 7,9 millions d’habitants. Guadalajara, sa capitale, est la deuxième plus grande ville du Mexique, avec 4,6 millions d’habitants.

Pour sa part, le gouvernement fédéral, dirigé par le président de gauche Andres Manuel Lopez Obrador, a annoncé qu’il ne prendrait dans la lutte contre la pandémie aucune mesure de confinement obligatoire, contrairement à ce qu’ont fait d’autres pays de la région comme le Pérou ou l’Argentine.

Il a suspendu les cours dans les établissements d’enseignement, a appelé les entreprises non essentielles à suspendre leurs activités et a supprimé les événements sportifs et culturels jusqu’au 30 mai.

Selon le dernier bilan, le Mexique compte 8261 cas de contamination à la COVID-19 et 686 décès.

LA JOURNÉE LA PLUS MEURTRIÈRE DIMANCHE

Le Mexique a connu dimanche sa journée la plus violente depuis le début de l’année avec 105 assassinats, en dépit du confinement de la population décrétée pour lutter contre le coronavirus, selon des chiffres officiels rendus publics lundi.

Le précédent «record» de violence datait du 4 avril avec 104 meurtres en 24 heures.

«Nous nous occupons du coronavirus, mais malheureusement nous sommes confrontés au problème des homicides», a regretté lundi le président mexicain Andrés Manuel López Obrador.

Ces chiffres, relevés par les parquets des différents États mexicains et de l’État fédéral, révèlent que l’État de Mexico a enregistré le plus grand nombre d’assassinats avec 12 meurtres en 24 heures, suivi de l’État de Chihuahua avec 10, de la ville de Mexico, des États de Guanajuato et Oaxaca qui ont chacun enregistré neuf meurtres.

Depuis les mesures de confinement de la population prises au Mexique à la mi-mars, la violence n’a pas cessé dans ce pays qui a enregistré quelque 34 608 assassinats l’an dernier, un chiffre record depuis 1997.

La violence n’a cessé de croître au Mexique depuis fin 2006, date à laquelle la lutte contre trafic de drogue est devenue l’affaire de l’armée.

Depuis cette date, quelque 275 000 personnes ont été assassinées dans le pays, selon des chiffres officiels qui ne précisent pas toutefois si toutes ces morts violentes sont imputables au crime organisé.

Le président de gauche López Obrador, au pouvoir depuis décembre 2018, estime que la violence endémique au Mexique diminuera en réduisant la pauvreté et l’exclusion au lieu de miser principalement sur le recours à la force contre les criminels. Il a ainsi proposé une loi d’amnistie pour les petits trafiquants de drogue, que le Congrès mexicain a commencé lundi à discuter.  AFP