Des élèves sont en route pour l’école pendant que le volcan Agung crache ses cendres à Bali, en Indonésie, tandis que les autorités ont ordonné l’évacuation des personnes vivant dans un rayon de 10 kilomètres du volcan.

Des voyageurs canadiens coincés à Bali

Plusieurs Canadiens attendaient lundi de pouvoir quitter l’île de Bali, en Indonésie, alors que les autorités ont ordonné l’évacuation de toutes les personnes vivant dans un rayon de 10 kilomètres du volcan Agung, qui se fait menaçant.

Affaires mondiales Canada a indiqué que 403 Canadiens qui se trouvent à Bali se sont enregistrés auprès de son service d’Inscription des Canadiens à l’étranger. Mais comme cette inscription se fait sur une base purement volontaire, la porte-parole Brianne Maxwell prévient que ce chiffre ne donne pas nécessairement un portrait juste de la présence canadienne dans l’île indonésienne.

La Montréalaise Chantal Desjardins se trouve dans un hôtel à 70 kilomètres du volcan, et son transporteur aérien l’a prévenue qu’elle ne pourra pas quitter l’île avant le 5 décembre. Des médias indonésiens rapportent que la pire éruption reste à venir, et Mme Desjardins a indiqué que «ça commence à être un peu plus réel», même si elle séjourne loin du volcan. Elle devait partir mardi, mais ses vacances seront visiblement prolongées.

Parmi ces voyageurs se trouvaient aussi un Sherbrookois. L’homme d’affaires Pierre A. Cameron était lundi à environ 100 kilomètres au sud-est du volcan.

«Tout va bien ici, pour le moment», assure sur sa page Facebook le Sherbrookois, connu pour son expertise dans le domaine de l’extermination parasitaire. «Nous apercevons celui-ci très bien de la plage de l’hôtel où nous sommes ce matin.» «Il est complètement perdu dans les nuages», reprend-il plus tard.

L’aéroport international de Bali a été fermé lundi pour une période de 24 heures, à cause des cendres volcaniques qui ont envahi l’espace aérien de la région. Les autorités indonésiennes ont décidé mardi de prolonger la fermeture pour le deuxième jour consécutif, face à la crainte d’une éruption du volcan du Mont Agung.

L’aéroport Ngurah Rai restera fermé jusqu’à au moins mercredi matin, soit mardi, à 18h, heure du Québec. Les services spécialisés ont relevé «que les couloirs aériens sont couverts de cendres. C’est dangereux pour les vols», ont indiqué les services de navigation aérienne indonésiens. L’aéroport sur l’île voisine de Lombok est toutefois rouvert.

M. Cameron espère être de retour cette semaine malgré les embûches. «Notre vol de retour est prévu mercredi à 20 h, heure de Bali!» lance-t-il.

Un porte-parole de l’aéroport international de Bali a indiqué que 445 vols avaient été annulés lundi, immobilisant environ 59 000 voyageurs dans l’île.

Le touriste canadien Brandon Olsen, qui a été refoulé à l’aéroport de Bali lundi, avec sa copine, a indiqué à l’Associated Press que le couple devrait maintenant se trouver une chambre d’hôtel et dépenser plus que prévu pour ce prolongement de vacances inattendu.

Des cendres projetées 

Bali est la plus importante destination touristique d’Indonésie : ses plages, sa nature luxuriante et sa culture hindoue attirent chaque année cinq millions de visiteurs. Mais le volcan Agung s’est réveillé la semaine dernière et crache des cendres jusqu’à 3000 mètres dans l’atmosphère de l’île. L’Agung a aussi commencé à produire de la lave à l’intérieur du cratère, et le centre national de volcanologie d’Indonésie a décrété l’alerte maximale lundi matin.

Chantal Desjardins se trouvait non loin du volcan il y a quelques jours à peine. Elle a assisté à des éruptions de cendres avec une réaction de touriste ahurie. Aujourd’hui, elle admet que cela aurait été aussi très bien de voir ce spectacle à la télévision. Elle rappelle que selon les autorités, le pire pourrait être à venir — et dans les prochains jours —, ce qui n’a rien pour la rassurer.  Avec La Tribune et AFP