Des séismes en série secouent le Japon

Plusieurs tremblements de terre de magnitude allant jusqu'à 6,5 ont fait aux moins neuf morts et plus de 800 blessés ainsi que de nombreux dégâts dans la nuit de jeudi à vendredi au sud-ouest du Japon où se trouvent plusieurs réacteurs nucléaires, indemnes selon les opérateurs.
Parmi les blessés, 53 sont dans un état grave, pirncipalement dans la préfecture de Kumamoto et ailleurs sur l'île de Kyushu. Les neuf victimes étaient âgées de 29 à 94 ans, mais la plupart étaient des personnes âgées.
«Nous avons localisé divers dégats avec un hélicoptère des forces d'autodéfense doté d'un système à infrarouge et des personnes sont peut-être bloquées sous des décombres. Il est à craindre que le bilan ne s'alourdisse», a déclaré aux journalistes le ministre de la gestion des désastres, Taro Kono.
Au moins 19 maisons se sont effondrées et 7 incendies ont été relevés, d'après les médias citant les services de secours et autorités locales.
<p>Les séismes ont fait beaucoup de dégâts</p>
Quelque 44 000 personnes ont été hébergées dans des refuges, mais certaines d'entre elles ont pu réintégrer leur domicile en matinée.
Le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, a précisé que 350 militaires étaient envoyés sur les lieux pour participer aux secours.
Le premier séisme est survenu jeudi à 21h26 (heure locale). Il a été suivi d'un très grand nombre de secousses secondaires dont une de magnitude 5,7, une autre de 6,4, puis encore de magnitude 4,8.
Des répliques devraient se produire pendant une semaine, a averti l'agence de météorologie tandis que le porte-parole du gouvernement appelaient les résidents de la région à «agir avec calme et à s'entraider».
Le système d'avertissement précoce a permis à plusieurs reprises de prévenir les habitants quelques secondes avant qu'ils ne soient secoués, via les smartphones et médias.
La chaîne NHK a aussi fait état du déraillement d'un train à grande vitesse Shinkansen, qui ne transportait pas de passagers. Les services ferroviaires ont été interrompus.
Selon l'agence de météorologie, les secousses ont été très fortes par endroits, d'une intensité égale à celle du séisme du 11 mars 2011.
Des coupures d'électricité concernant au moins 16 000 foyers ont aussi été signalées et des routes fendues.
Pas d'anomalies dans les centrales nucléaires
La compagnie qui alimente la région, Kyushu Electric Power, a assuré qu'aucune anomalie n'avait été relevée dans la centrale nucléaire de Sendai où se trouvent les deux seuls réacteurs du Japon en service.
«Nous vérifions si le tremblement de terre a eu un impact sur notre centrale mais elle fonctionne pour le moment normalement», a dit un responsable de la centrale à l'AFP.
«Il faut être très vigilant car des répliques importantes peuvent se produire dans les heures à venir», a insisté un sismologue de l'Université de Tokyo.
La NHK a diffusé d'impressionnantes images des secousses, grâce à ses caméras qui se déclenchent automatiquement dans ces circonstances.
Le Japon, situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, subit chaque année plus de 20% des séismes les plus forts recensés sur Terre.
Les Japonais sont encore plus sensibles aux risques depuis le tsunami de mars 2011 qui tué quelque 18 500 personnes et entraîné l'accident nucléaire de Fukushima.
Des usines de Bridgestone, Honda et Sony à l'arrêt
Plusieurs grands groupes japonais, dont Bridgestone, Honda et Sony, ont décidé de suspendre les opérations dans leurs usines situées dans le sud-ouest du Japon.
La préfecture de Kumamoto, sur l'île de Kyushu, qui a été le théâtre de forts séismes dans la nuit, héberge de nombreux sites de production.
Si le constructeur d'automobiles Toyota n'a pas été affecté, son rival Honda a lui été contraint de mettre à l'arrêt son usine d'assemblage de motos, le temps d'évaluer les dégâts.
Le géant électronique Sony, qui dispose d'une installation de fabrication de semi-conducteurs dans la région, a également suspendu les opérations, «même si l'impact ne semble pas significatif».
Le fabricant de pneus Bridgestone a pris les mêmes dispositions pour procéder à des vérifications, mais les dégâts seraient a priori minimes, selon un porte-parole.  AFP