Des mois à venir critiques en Irak, selon le commandant canadien

OTTAWA — Le commandant en chef du Canada dans la guerre contre Daech (le groupe armé État islamique) estime que les mois à venir seront cruciaux pour que l’Irak tourne enfin la page après des années de combats et de massacres.

Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne, le brigadier général Colin Keiver a prévenu que si Daech a été vaincu en tant que force militaire au cours de la dernière année, cela ne signifie pas pour autant la fin de la lutte pour le contrôle de l’Irak.

Selon le général Keiver, la bataille est désormais politique: les dirigeants irakiens peuvent-ils mettre de côté leurs divergences et commencer à relever les nombreux défis qui ont conduit à la montée en puissance de Daech il y a cinq ans?

Il s’agit notamment de fournir des services de base tels que l’eau et l’électricité, de lutter contre la corruption et de mettre fin à la discrimination ethnique et religieuse.

Le général Keiver, qui rentre au Canada après près d’un an à la tête de la mission canadienne de 850 personnes dans la région, indique qu’il y a des signes de progrès, comme le fait que le gouvernement irakien et les forces de sécurité kurdes collaborent pour la première fois.

Mais il dit qu’il est trop tôt pour dire si l’Irak pourra surmonter ses problèmes - ou si des griefs de longue date reviendront et contribueront à la résurgence de Daech ou à l’émergence d’une nouvelle menace.