Des milliers de contestataires ont réussi à s'introduire dans la Zone verte et dans le parlement.

Des manifestants antigouvernementaux saccagent le parlement irakien

Les forces de sécurité irakiennes ont utilisé des grenades de gaz lacrymogène, samedi, pour tenter de repousser les centaines de manifestants antigouvernementaux qui continuaient d'affluer à l'intérieur de la très fortifiée Zone verte à Bagdad.
Plus tôt samedi, des protestataires avaient escaladé les murs entourant le complexe et envahi le parlement, brandissant des drapeaux irakiens et scandant des slogans contre le gouvernement.
Selon ce que les reporters de l'Associated Press ont pu voir, des milliers de contestataires ont réussi à s'introduire dans la Zone verte et dans le parlement.
Cet incident marque une nouvelle étape dans la crise politique qui secoue le pays après des mois de manifestations et d'occupations par des partisans de l'influent chef religieux chiite Moqtada al-Sadr. La Zone verte abrite la plupart des ministères irakiens et des ambassades étrangères, et est depuis longtemps critiquée par M. Al-Sadr.
Samedi matin, le leader religieux avait accusé les politiciens de l'Irak d'avoir bloqué les réformes visant à combattre la corruption et le gaspillage. Moqtada al-Sadr n'a pas réclamé une intensification des protestations, mais peu après ses déclarations, ses fidèles ont commencé à grimper sur les murs protégeant le complexe. Des jeunes hommes ont ensuite retiré un pan de mur sous les encouragements des milliers de manifestants rassemblés dans les rues avoisinantes.
Des vidéos captées avec des téléphones mobiles et publiées sur le web montrent des dizaines de jeunes hommes en train de courir dans les corridors du parlement, exprimant leur appui à M. Al-Sadr et réclamant la dissolution du gouvernement.
Député giflé
Dans d'autres vidéos, des manifestants giflent un député irakien qui tente de leur échapper et assiègent le convoi de voitures d'un autre parlementaire à l'intérieur de la Zone verte.
Ces images semblent authentiques et correspondent aux événements observés par l'Associated Press.
Les autorités irakiennes ont renforcé la sécurité partout à travers Bagdad, fermant les points de contrôle menant à la Zone verte et interrompant la circulation sur les principales routes menant à la capitale.
Des manifestations de plus en plus tendues et une série de réformes ratées ont paralysé le gouvernement irakien alors que le pays essaie de vaincre le groupe armé État islamique (ÉI) et de remédier à la crise économique provoquée par la chute des prix du pétrole.
Plus tôt samedi, un attentat à la voiture piégée revendiqué par l'ÉI avait fait au moins 21 morts et 42 blessés à Bagdad.
L'organisation terroriste lance souvent des attaques contre les forces de sécurité et la majorité chiite de l'Irak.