L’ancien vice-président Joe Biden devrait faire partie de la deuxième vague de candidats démocrates à entrer dans la course.

Des candidats démocrates pressés d’en découdre avec Trump en 2020

DES MOINES — Après des mois de spéculation et de secret, la saison primaire présidentielle de 2020 est sur le point de démarrer sur les chapeaux de roue.

Avec plusieurs démocrates déjà dans la course, une demi-douzaine de plus sont à peaufiner leurs campagnes et mettre en place ce dont ils auront besoin pour se lancer à la conquête de la Maison-Blanche dans les prochaines semaines. Bien que les plans puissent changer, les annonces devraient arriver par vagues, la première mettant en vedette un groupe de sénateurs démocrates ambitieux, notamment la sénatrice de New York, Kirsten Gillibrand; la sénatrice de Californie, Kamala Harris; et le sénateur de New Jersey, Cory Booker — tous sont sous pression de se lancer depuis que la sénatrice du Massachusetts, Elizabeth Warren, a fait le saut il y a deux semaines.

La deuxième vague mettra probablement en vedette des poids lourds politiques comme l’ancien vice-président Joe Biden, le sénateur du Vermont Bernie Sanders, le milliardaire new-yorkais Michael Bloomberg et l’ancien membre du Congrès du Texas Beto O’Rourke, dont les conseillers estiment qu’ils disposent du soutien financier et de la célébrité nécessaires pour rejoindre le groupe quand bon leur semblera, un peu plus tard cette année.

«Ça commence vraiment à chauffer», a déclaré Deidre DeJear, une politicienne de l’Iowa. Elle faisait partie d’un groupe de femmes démocrates de l’Iowa qui a rencontré Mme Warren la semaine dernière en banlieue de Des Moines.

Les entretiens avec les principaux collaborateurs de plusieurs grands candidats démocrates, qui ont requis l’anonymat pour discuter de la planification interne, démontrent que l’attente est presque terminée.

L’ancien gouverneur du Colorado, John Hickenlooper, qui a quitté ses fonctions la semaine dernière, a ajouté le conseiller en politique étrangère Jeremy Rosner, le directeur financier Dan Sorenson et la conseillère principale en communication Marie Logsden à son comité d’action politique ces derniers jours, a annoncé un assistant. M. Hickenlooper se rendra à Los Angeles cette semaine pour rencontrer les donateurs et visitera, plus tard ce mois-ci, les États qui seront les premiers à voter.

Le gouverneur et ancien homme d’affaires de 66 ans reste largement inconnu de nombreux électeurs et ne compte pas lancer sa campagne avant le mois de mars.

M. Sanders, le seul candidat potentiel pour 2020 à avoir fait campagne en 2016, a rencontré près de 20 personnes afin de pourvoir des postes de haut niveau tels que directeur de campagne et directeurs des politiques, des communications et de son programme sur le terrain. Un assistant principal a déclaré que le processus de recrutement visait particulièrement à ajouter une diversité — de genre et de race — qui n’existait pas lors de sa dernière campagne présidentielle.

Cet assistant a expliqué que les allégations de harcèlement sexuel dont font l’objet des membres de la campagne de M. Sanders en 2016 n’ont eu aucun impact sur le calendrier d’une annonce, ce qui n’est pas prévu avant la fin du mois. En dépit de ses difficultés, M. Sanders est assis sur un trésor de guerre d’environ 15 millions $US et compte sur un réseau national actif. Les militants libéraux ont organisé samedi des centaines de soirées dans tout le pays pour encourager une deuxième course du candidat.

O’Rourke s’active

Pendant ce temps, M. O’Rourke, 46 ans, prend des mesures pour être de la course, mais un assistant a déclaré qu’il ne devrait pas s’annoncer avant le mois prochain au plus tôt. Il voyagera hors du Texas pour se présenter aux électeurs au cours des prochaines semaines. Oprah devrait l’interviewer à New York le mois prochain.

Les premiers États du calendrier principal ne figurent pas à l’itinéraire immédiat de M. O’Rourke, mais cela n’empêche pas ses partisans de l’Iowa et de la Caroline du Sud de s’agiter. L’un d’eux, Boyd Brown, a dit qu’il s’entretiendra avec des donateurs démocrates, des responsables locaux et d’éventuels employés pour les empêcher de s’engager envers d’autres candidats, en attendant que tous aient annoncé leurs couleurs.

«Nous prenons une chance, mais nous construisons un appareil que nous pourrons transférer à une campagne réelle s’il [M. O’Rourke] se présente a expliqué M. Brown en entrevue. Nous traitons cela comme une campagne présidentielle jusqu’à nouvel ordre.»

Biden discret

Vedette politique plus aguerrie, M. Biden garde le silence sur ses projets. Le démocrate de 76 ans n’a pas fait grand-chose pour constituer des équipes sur le terrain dans les principaux États, choisissant plutôt de se terrer avec ses collaborateurs pendant qu’il se rapproche d’une décision.

Bien que cela puisse paraître tôt, le nombre potentiellement élevé de candidats en empêche plusieurs d’attendre beaucoup plus longtemps. Plus d’une vingtaine de démocrates bien connus pourraient se dresser entre le président Donald Trump et un deuxième mandat.

Le premier débat primaire démocrate aura lieu en juin, alors que le premier concours primaire aura probablement lieu dans un an. Avec autant de candidats, les donateurs et employés de premier plan se font rares.

«À ce stade du cycle, c’est une course pour l’argent et le talent, et à moins que votre nom ne soit Joe Biden ou Beto O’Rourke, vous devez y participer rapidement si vous voulez attirer l’une de ces choses», a expliqué une ancienne stratège de Barack Obama, Stephanie Cutter, qui a donné des conseils à certains candidats.

Le milliardaire new-yorkais Michael Bloomberg

Gillibrand agressive

Mme Gillibrand, 52 ans, imite certains de ses collègues du Sénat en adoptant une chronologie plus agressive. Elle a déjà identifié un emplacement probable pour le siège de sa campagne, ajouté du personnel et planifié des voyages dans des États clés.

La sénatrice démocrate envisage un quartier général à Troy, dans l’État de New York, une petite ville du nord de l’État sur le fleuve Hudson. Mme Gillibrand, qui a défrayé la manchette avec son travail contre les violences sexuelles, et avec ses discours parfois salés, doit faire ses débuts dans l’Iowa le week-end prochain.

M. Booker devrait mener sa campagne depuis Newark, où il réside et a exercé les fonctions de maire. Le démocrate de 49 ans a identifié un directeur de campagne probable, Addisu Demissee. L’opérateur démocrate avait précédemment dirigé la campagne électorale spéciale de M. Booker en 2013, puis avait travaillé pour la campagne présidentielle d’Hillary Clinton; il a récemment dirigé la campagne de Gavin Newsome au poste de gouverneur de Californie.

Comme Mme Gillibrand et M. Booker, Mme Harris devrait rejoindre la course dans les prochaines semaines.

Sénatrice pour la première fois et ancienne procureure générale de Californie, elle a élargi son profil national ces derniers jours en lançant une tournée de promotion de son livre The Truths We Hold. À l’instar de ses rivaux, la démocrate âgée de 54 ans ne s’est pas publiquement engagée à se présenter, mais elle a répété à maintes reprises que les États-Unis ont besoin d’un dirigeant qui «offre une vision de l’avenir du pays dans laquelle chacun puisse se reconnaître».

Candidats moins connus

Une poignée de candidats moins connus sont déjà entrés dans la course.

Tulsi Gabbard, une femme de 37 ans qui représente Hawaï à la Chambre des représentants, a annoncé sa candidature samedi, lors d’une entrevue diffusée par CNN. Le même jour, un ancien membre de l’administration Obama, Julian Castro, a officiellement lancé sa campagne dans sa ville natale de San Antonio.

Il ne faut pas non plus oublier le sénateur Sherrod Brown de l’Ohio et la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar, qui envisagent ouvertement de rejoindre la course de 2020, même si leurs préparatifs ne sont pas aussi avancés que ceux de leurs rivaux potentiels.

Pendant ce temps, le gouverneur de l’État de Washington, Jay Inslee, doit faire sa première apparition dans le New Hampshire la semaine prochaine. Il a parlé de son bilan libéral et de sa volonté de s’attaquer à M. Trump lors d’un court voyage au Nevada.