La Cour suprême donne partiellement raison au président Donald Trump en ce qui concerne son décret anti-immigration.

Décret migratoire: victoire politique pour Trump

La Cour suprême des États-Unis a offert lundi une victoire politique à Donald Trump, en remettant partiellement en vigueur son décret anti-immigration très controversé.
La haute cour siégeant à Washington a par ailleurs accepté d'examiner en octobre ce dossier potentiellement explosif.
«La décision rendue à l'unanimité par la Cour suprême est une victoire nette pour notre sécurité nationale», s'est félicité M. Trump dans un communiqué.
Le jugement a toutefois été rendu «au nom de la cour», ce qui est différent d'une décision unanime signée par les neuf sages.
«En tant que président, je ne peux laisser entrer dans notre pays des gens qui nous veulent du mal», a ajouté le président.
Le décret interdisant temporairement l'entrée aux États-Unis des ressortissants de six pays musulmans - Syrie, Libye, Iran, Soudan, Somalie et Yémen - s'applique désormais vis-à-vis de quiconque «n'ayant pas établi de relation de bonne foi avec une personne ou une entité aux États-Unis».
En clair, tout habitant de ces pays qui serait totalement inconnu des autorités américaines se verra refuser l'accès au territoire des États-Unis.
À l'opposé, un ressortissant de ces pays venant rendre visite à un membre de sa famille établi en Amérique pourra venir, tout comme le pourra un étudiant admis dans une université américaine.
Succès notable pour Trump
La décision est tombée au dernier jour de la session annuelle de la Cour suprême, l'institution qui aux États-Unis a le dernier mot sur tous les sujets nécessitant une interprétation de la Constitution.
Cette demi-victoire juridique marque un succès politique pour Donald Trump, dont la mesure emblématique avait été suspendue par de multiples juges, en première instance et en appel.
Non seulement les plus hauts magistrats du pays acceptent que le décret soit mis partiellement en application, mais ils offrent au président américain une chance d'emporter une victoire judiciaire finale venant annuler les camouflets subis.
Il faudra probablement plusieurs jours pour que les mesures du décret soient appliquées pleinement par la police américaine aux frontières.
L'audience... trop tard?
La mesure qui a tant fait couler d'encre est censée s'appliquer durant 90 jours pour les citoyens des six pays et 120 jours pour les réfugiés du monde entier, le temps que l'administration redéfinisse ses procédures de filtrage des arrivants.
Par conséquent, l'examen du texte à l'automne pourrait paradoxalement intervenir après la fin de la totalité de son application.
Le fameux décret a connu deux moutures, qui avaient été bloquées par les tribunaux en février et mars. Deux suspensions dénoncées par Donald Trump comme symptomatiques d'une «justice politisée».