La défection de Thierry Solère survient au lendemain de celles du trésorier de la campagne et de trois parlementaires du Parti républicain.

Dans la tourmente, Fillon perd son porte-parole

Le porte-parole Thierry Solère est devenu vendredi le plus récent membre de l'équipe de François Fillon à claquer la porte de sa campagne présidentielle.
M. Fillon pourrait bientôt faire l'objet d'accusations de corruption pour avoir confié des emplois parlementaires possiblement fictifs à sa femme et à deux de leurs enfants.
Le trésorier de la campagne et trois parlementaires du Parti républicain avaient annoncé leurs démissions jeudi, alors que s'intensifie la pression sur M. Fillon pour qu'il cède sa place à un autre candidat.
Une ancienne ministre qui s'était ralliée à M. Fillon, Nadine Morano, a changé son fusil d'épaule vendredi et demandé à l'ancien premier ministre de se retirer de la course.
M. Fillon avait tout d'abord annoncé qu'il se désisterait si des accusations étaient déposées, mais il a décidé plus tôt cette semaine de rester en poste même s'il est convoqué à comparaître devant un juge le 15 mars. Il nie avoir quoi que ce soit à se reprocher.
Par ailleurs, une pétition demandant à l'ancien président américain Barack Obama de se lancer dans la course à la présidence française a maintenant recueilli quelque 45 000 signatures. Les responsables espèrent rallier un million de personnes d'ici le 15 mars. M. Obama n'est toutefois pas Français et n'est donc pas éligible.
Juppé se tient prêt
À 51 jours de la présidentielle française, l'entourage d'Alain Juppé a fait savoir qu'il était prêt à remplacer le candidat de la droite François Fillon, qui affronte une hémorragie de ses soutiens en raison du scandale des emplois fictifs présumés.
Alain Juppé, ancien Premier ministre écarté au deuxième tour de la primaire de la «ne se défilera pas si les conditions sont remplies: il faut que François Fillon se retire de lui-même et que sa famille de la droite et du centre, Les Républicains, soit unanimement rassemblée derrière lui», a fait savoir son entourage.
«Alain Juppé n'est pas un putschiste, il ne poussera jamais Fillon dehors et il n'est à l'initiative d'aucun complot», a assuré la même source. M. Juppé avait jusqu'ici démenti être prêt à revenir dans la course à la présidentielle d'avril-mai.