Le président américain Barack Obama

Cyberattaques: Obama veut éclaircir le rôle de Moscou

Barack Obama a ordonné qu'un rapport complet sur les piratages informatiques menés pendant la campagne présidentielle lui soit remis avant son départ, sur fond d'interrogations sur la nature des interférences de la Russie dans le scrutin du 8 novembre.
Le président désigné Donald Trump, qui a multiplié durant la campagne les propos flatteurs envers le président russe, Vladimir Poutine, a toujours mis en doute une intervention de Moscou visant à affaiblir sa rivale démocrate Hillary Clinton.
Mais craignant que la question ne soit glissée sous le tapis par la future administration, plusieurs élus démocrates de haut rang ont réclamé au président sortant de rendre publics les éléments essentiels de ce dossier.
Dans la foulée, M. Obama a exigé en début de semaine «un examen complet sur ce qui s'est passé lors du processus électoral 2016», a expliqué vendredi sa conseillère à la sécurité intérieure, Lisa Monaco.
Cette dernière a précisé qu'il voulait disposer de ce document, qui portera plus largement sur les trois derniers scrutins, avant de remettre les clés de la Maison-Blanche à M. Trump le 20 janvier.
L'exécutif américain a promis de partager les conclusions de ce rapport avec les élus du Congrès, mais souligné qu'il contiendrait nécessairement des informations très sensibles qui ne pourraient pas toutes être communiquées au grand public.
«Il faut être clair : il ne s'agit pas d'une tentative visant à remettre en cause le résultat de l'élection» du 8 novembre, a par ailleurs précisé Eric Schultz, porte-parole de l'exécutif américain.
Début octobre, le département de la Sécurité intérieure et la direction du renseignement avaient conclu que la Russie avait piraté les comptes de personnalités et d'organisations politiques dans le but «d'interférer dans le processus électoral américain».
Les deux agences faisaient référence à la publication par le site WikiLeaks de courriels piratés sur les comptes de l'ancien directeur de campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton, John Podesta, et du Parti démocrate.
«Risible»
Donald Trump considère-t-il que les conclusions des agences de renseignements étaient politiquement motivées? «Je le crois», a répondu le président élu au magazine Time, qui l'a désigné mercredi Personnalité de l'année.
«C'est devenu risible [...] Chaque fois que je fais quelque chose, ils disent : ''Oh, c'est la Russie qui s'en est mêlée'', a-t-il lancé. Ce pourrait être la Russie, la Chine ou n'importe quel type chez lui dans le New Jersey.»
Le sénateur Ron Wyden et six autres démocrates de la Commission du renseignement du Sénat ont aussi demandé au président Obama d'en dire plus, dans un courrier daté du 29 novembre.
«Il y a des informations sur le gouvernement russe et l'élection américaine qui mériteraient d'être déclassifiées et rendues publiques», ont-ils écrit.
Selon Susan Hennessey, experte en cybersécurité au centre de réflexion Brookings, le problème de l'interférence de Moscou est réel et ce dossier ne peut se résumer à de manoeuvres politiciennes fomentées par des perdants amers.
«L'élection était vraiment très serrée, c'était un événement important. Et c'est pour ça que c'est crucial d'avoir des réponses vraiment sérieuses à tout ça», affirme-t-elle à l'AFP.
Publiés au compte-gouttes pendant des mois avant l'élection, les courriels piratés ont rythmé la campagne. Plusieurs d'entre eux, publiés juste avant la convention d'investiture du Parti démocrate en juillet, ont conduit à la démission de sa présidente, Debbie Wasserman Schultz. Ils ont aussi révélé des détails sur les discours rémunérés de Mme Clinton devant des banquiers de Wall Street.
Début septembre, le directeur du FBI, James Comey, avait dit prendre «très au sérieux» le risque d'ingérence d'un pays étranger dans le processus électoral américain.
Il avait toutefois minimisé le risque d'attaques informatiques visant à perturber le comptage des voix le jour du scrutin, évoquant le caractère quelque peu vétuste et disparate du système de dépouillement américain.

Trump a dissous plusieurs de ses entreprises quelques jours après les élections

Des registres de sociétés au Delaware démontrent que le président désigné Donald Trump a dissous certaines de ses entreprises quelques jours après les élections, dont quatre d'entre elles semblent avoir des liens avec des sociétés saoudiennes.
La nouvelle survient alors que M. Trump est censé expliquer dans les prochains jours les changements qu'il apportera à son empire pour éviter tout potentiel conflit d'intérêts en tant que président.
L'avocat général de l'organisation Trump, Alan Garten, a dit à l'Associated Press que l'entreprise du président désigné n'avait actuellement aucune entente avec l'Arabie saoudite.
Me Garten a affirmé qu'il ignorait pourquoi ces sociétés ont été mises sur pied. Il ne savait pas non plus si celles-ci étaient impliquées dans d'autres entreprises.
La fermeture d'entités corporatives est une chose commune, selon l'avocat. Associated Press