Un travailleur porte une combinaison protectrice et un masque dans un commerce de Pékin.
Un travailleur porte une combinaison protectrice et un masque dans un commerce de Pékin.

Coronavirus: près de 1900 morts en Chine 

PÉKIN — Le bilan de l’épidémie du coronavirus a atteint 1886 morts mardi en Chine continentale, et plus de 300 Américains évacués d’un paquebot contaminé par le virus au Japon ont entamé une nouvelle période de quarantaine aux États-Unis.

En Chine continentale, 98 nouveaux décès ont été enregistrés mardi, dont 93 dans la province du Hubei, épicentre de l’épidémie où 1807 nouveaux cas de contagion ont par ailleurs été recensés.

Parmi les victimes, cinq personnes sont mortes hors de Chine continentale : une à Hong Kong, une aux Philippines, une au Japon, une à Taïwan et une en France.

Les autorités chinoises, qui tentent à tout prix d’endiguer la propagation, ont demandé lundi aux personnes guéries du coronavirus de donner leur sang afin d’en extraire le plasma pour soigner les malades.

Si le nouveau coronavirus n’a pas de vaccin, le plasma des anciens patients infectés par la maladie COVID-19 contient des anticorps qui pourraient permettre de diminuer la charge virale chez les personnes sévèrement atteintes, selon un responsable de la Commission nationale de santé.

Le nombre de contaminations s’élève à au moins 72 300 cas en Chine continentale. Environ 900 ont été signalés dans une trentaine d’autres pays ou territoires.

Le principal foyer de contamination hors de Chine reste le paquebot Diamond Princess, placé en quarantaine début février dans la baie de Yokohama près de Tokyo, après un test positif sur un croisiériste débarqué à Hong Kong.

Ses plus de 3700 passagers avaient reçu l’ordre de rester dans leur cabine pendant deux semaines, mais cela n’a pas empêché la propagation du virus : au moins 454 personnes ont été contaminées, dont 99 cas révélés lundi.

«Une vraie quarantaine»

Alors que les critiques montent sur la gestion du paquebot, plusieurs pays ont commencé à évacuer leurs ressortissants coincés sur le navire.

Plus de 300 Américains ont ainsi été rapatriés par avion jusqu’à deux bases militaires, en Californie et au Texas, où ils ont entamé lundi une nouvelle quarantaine de 14 jours, la durée maximale supposée de l’incubation.

Avant d’embarquer, Sarah Arana avait confié être «heureuse de rentrer». «On a besoin d’une vraie quarantaine et ce n’en était pas une», avait-elle estimé.

Parmi les personnes évacuées, 14 ont appris pendant l’opération qu’elles étaient contaminées, a annoncé le département d’État. Elles ont été isolées des autres passagers dans les avions.

À leur arrivée, une partie a été transférée dans un hôpital universitaire d’Omaha, au Nebraska, et placée en isolement.

Parallèlement, au moins 40 Américains contaminés à bord du paquebot sont hospitalisés au Japon, selon Washington. Une poignée d’Américains a refusé de quitter le navire.

Passagers traqués

D’autres pays, parmi lesquels l’Australie, l’Italie, le Canada ou la Grande-Bretagne, ainsi que le territoire de Hong Kong, ont annoncé vouloir évacuer leurs citoyens du Diamond Princess.

Après Singapour, le Japon est le pays le plus touché par l’épidémie en dehors de la Chine. En plus des cas sur le navire, les autorités nippones ont répertorié 65 porteurs du coronavirus dans différentes régions du pays.

Ailleurs, l’inquiétude monte en ce qui concerne près de 1500 passagers d’un autre paquebot, le Westerdam, qui ont débarqué vendredi au Cambodge après avoir passé — pour certains — un rapide examen médical et sont à présent traqués par la compagnie qui tente de les retrouver.

Près d’un millier de personnes se trouvent encore à bord du navire et vont subir des tests, après la découverte en Malaisie la fin de semaine dernière de l’infection d’une ex-passagère américaine.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a toutefois estimé inutile de suspendre les croisières, soulignant son opposition à toute «mesure de portée générale».

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99 NOUVELLES INFECTIONS À BORD DU DIAMOND PRINCESS

Une centaine de nouvelles infections au virus COVID-19 ont maintenant été détectées à bord du navire de croisière Diamond Princess, gonflant le total de cas confirmés à 454.

Le gouvernement canadien a annoncé en fin de semaine qu’un avion sera nolisé pour rapatrier les 255 Canadiens qui sont coincés à bord depuis 10 jours.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prévenu lundi qu’il n’est pas facile de «trouver le bon équilibre» dans cette situation.

«Comme il y a encore énormément de choses qu’on ne connaît pas sur ce virus et sur cette maladie, on met en œuvre les mesures qui nous semblent les meilleures possibles pour protéger la santé des gens qui sont sur le bateau, mais aussi protéger la santé de la population japonaise», a expliqué la docteure Sylvie Briand, qui dirige le département Pandémies et épidémies de l’OMS.

«Préserver l’intégrité des communautés»

Elle a ajouté que l’OMS collabore avec les autorités japonaises et les médecins responsables du navire pour «essayer de trouver tous les éléments qui vont nous permettre de gérer ce risque sur le bateau».

«L’objectif est de contenir le virus, mais pas nécessairement de contenir les personnes, a-t-elle dit. L’objectif n’est pas de les empêcher de voyager, mais bien de préserver l’intégrité physique et la santé de différentes communautés.»

L’OMS a précédemment confirmé que c’est à bord du Diamond Princess qu’on retrouve la concentration de cas la plus élevée à l’extérieur de la Chine continentale.

Affaires mondiales Canada a précisé que les passagers canadiens seront examinés avant de monter à bord de l’avion. Ceux qui présentent des symptômes de COVID-19 seront confiés au système de santé japonais. Les autres prendront le chemin de la base de Trenton, en Ontario, pour 14 jours de quarantaine.

On ne sait pas encore à quel moment l’avion se rendra au Japon.

L’OMS a fait état lundi de 2051 nouveaux cas au cours des 24 dernières heures. On recense maintenant 72 300 infections et 1886 décès en Chine, et 694 cas et trois morts dans 25 autres pays.  La Presse canadienne