L’imminence d’une propagation de l’épidémie du nouveau coronavirus aux États-Unis pourrait forcer les villes à annuler des événements publics à forte affluence, ont annoncé mardi les autorités américaines. Pendant ce temps, à La Nouvelle-Orléans, la Bourbon Street accueillait une mer de carnavaleux à l’occasion du Mardi gras.
L’imminence d’une propagation de l’épidémie du nouveau coronavirus aux États-Unis pourrait forcer les villes à annuler des événements publics à forte affluence, ont annoncé mardi les autorités américaines. Pendant ce temps, à La Nouvelle-Orléans, la Bourbon Street accueillait une mer de carnavaleux à l’occasion du Mardi gras.

Coronavirus: les autorités américaines s’alarment

WASHINGTON — Les autorités sanitaires américaines ont dit mardi s’attendre à une propagation de l’épidémie de nouveau coronavirus aux États-Unis, encourageant les écoles, les entreprises et les gouvernements locaux à envisager des mesures de précaution comme l’annulation d’événements publics.

«À terme, nous nous attendons à voir une propagation (de l’épidémie) dans ce pays», a affirmé Nancy Messonnier, directrice chargée des maladies respiratoires aux Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains.

«La question n’est plus vraiment de savoir si cela va arriver, mais plutôt quand est-ce que cela va arriver, et combien de personnes dans ce pays tomberont gravement malades», a-t-elle ajouté.

Mesures de précaution non pharmaceutiques

Les autorités américaines craignent également que l’épidémie ne menace la chaîne d’approvisionnement en médicaments des États-Unis, car une grande partie des ingrédients utilisés dans la confection des médicaments est fabriquée en Chine, d’où le virus est parti.

Ces déclarations publiques plus alarmistes que les précédentes interviennent alors que la peur d’une «pandémie», une épidémie d’ampleur internationale, s’intensifie. Étant donné qu’il n’existe ni vaccin ni médicament contre le nouveau coronavirus, les mesures de précaution non pharmaceutiques «seront les outils les plus importants dans notre réponse à ce virus», a ajouté Mme Messonnier.

Ces mesures devraient être décidées au cas par cas selon le degré de gravité de l’épidémie dans chaque localité.

«Pour les écoles, l’une des options pourrait être de séparer les écoliers en plus petits groupes ou, en cas de pandémie sévère, de fermer les établissements et de mettre en place des cours en ligne», selon la responsable des CDC.

«Pour les adultes, les entreprises peuvent remplacer les entretiens en personne par la vidéo et la téléconférence et proposer plus d’options de télétravail (à leurs employés)», a-t-elle poursuivi, ajoutant qu’à une plus grande échelle, les villes pourraient être forcées d’annuler des événements publics à forte affluence.

De leur côté, les hôpitaux pourraient décider de retarder certaines interventions médicales et d’augmenter les consultations par téléphone.

«Le monde n’est pas prêt»

Le nouveau coronavirus a continué mercredi à s’étendre à travers le monde qui, selon un expert de l’OMS, «n’est tout simplement pas prêt à y faire face».

L’épidémie apparue en décembre dans le centre de la Chine a déjà atteint un pic dans ce pays, où elle a contaminé quelque 78 000 personnes dont plus de 2700 sont mortes, ont indiqué mercredi les autorités chinoises.

Elle touche de plus en plus de pays, y compris en Europe : la maladie Covid-19 concerne désormais, Chine mise à part, plus d’une trentaine d’États où elle a fait plus de 40 morts et 2500 contaminations.

La maladie concerne désormais plusieurs pays en dehors de la Chine, notamment l’Iran, le Japon, Singapour, la Corée du Sud et la Thaïlande.

L’Italie est le pays européen le plus touché par ce virus avec plus de 300 personnes contaminées. Dix personnes y ont succombé, toutes des personnes âgées et atteintes précédemment de pathologies graves. Plusieurs médias ont annoncé une onzième victime, une femme de 76 ans en Vénétie.

L’Autriche a annoncé deux premiers cas de coronavirus dans la région du Tyrol, frontalière de l’Italie. 

La Suisse a également annoncé un premier cas dans une région proche de l’Italie, tandis qu’en Croatie, un jeune homme revenu récemment d’Italie a été contaminé, premier cas connu dans les Balkans.

Deux nouveaux cas ont été confirmés en France, dont l’un rentrait d’Italie

Le monde n’est «tout simplement pas prêt» à y faire face, a averti mardi Bruce Aylward, l’expert qui dirige la mission conjointe OMS/Chine, de retour de Pékin. «Vous devez être prêt à gérer cela à une plus grande échelle, et cela doit être fait rapidement», a-t-il ajouté, saluant en revanche le travail d’endiguement de la maladie réalisé par Pékin.