Une travailleuse de la santé espagnole reçoit l'aide de son collègue pour enfiler une combinaison de protection, avant d'accéder à une unité de l'Hôpital El Salvador.
Une travailleuse de la santé espagnole reçoit l'aide de son collègue pour enfiler une combinaison de protection, avant d'accéder à une unité de l'Hôpital El Salvador.

Coronavirus: le seuil des 750 000 morts franchi dans le monde

Claire Doyen
Agence France-Presse
PARIS — Le seuil des 750 000 morts de la COVID-19 dans le monde a été franchi jeudi et l'inquiétude persiste face à une résurgence de la maladie, poussant de nombreux pays à imposer de nouvelles restrictions pour limiter sa propagation.

Dernière en date, le rétablissement par le Royaume-Uni à partir de samedi (vendredi soir à l'heure du Québec) d'une quarantaine — de 14 jours — aux voyageurs en provenance de France, de Monaco, des Pays-Bas et de Malte.

En Espagne, l'interdiction inédite de fumer dans les rues et sur les terrasses de café est entrée en vigueur jeudi dans la province de Galice (nord-ouest) et dans l'archipel des Canaries (est). Cette mesure s'applique lorsqu'il est impossible de respecter une distance de sécurité d'au moins deux mètres.

«Les fumeurs qui sont infectés et asymptomatiques peuvent émettre des gouttelettes contenant le virus et faire courir des risques au reste de la population», selon La Société espagnole d'épidémiologie.

Toujours en Espagne, l'ordre des médecins a demandé jeudi aux autorités de «redresser la barre» dans la lutte contre le coronavirus pour éviter que ce pays, un des plus endeuillés d'Europe, ne soit submergé par une nouvelle vague de la pandémie.

Expliquant devoir «continuer sur la ligne de la prudence», l'Italie a quant à elle rendu obligatoires jusqu'au 7 septembre les tests pour tous les voyageurs arrivant de Croatie, de Grèce, de Malte et d'Espagne. Et les personnes en provenance de Colombie sont tout simplement interdites d'accès à son territoire.

À Bruxelles, comme dorénavant aussi en Finlande, qui a fait volte-face à ce sujet, le port du masque de protection est désormais obligatoire dans l'espace public.

Il en sera de même en France pour les participants au pèlerinage du 15 août à Lourdes, dans le sud-ouest, auquel des milliers de catholiques sont attendus.

Un assouplissement des mesures, une plus grande disponibilité des tests, mais également le relâchement des esprits en période estivale, expliquent l'augmentation du nombre des contaminations en Europe, a estimé jeudi un épidémiologiste de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Dans le monde, on compte désormais près de 21 millions de cas déclarés , selon un bilan établi jeudi par l'AFP à partir de sources officielles.

L'Amérique latine et les Caraïbes sont la région comptant le plus grand nombre de morts : environ 230 000.

Près de la moitié des décès dus à la COVID-19 ont été enregistrés dans quatre pays : les États-Unis (166 038), le Brésil (104 201), le Mexique (54 666) et l'Inde (47 033).

Concernant l'Afrique, la réouverture des économies va y entraîner une hausse des cas, a averti la directrice régionale de l'OMS, Matshidiso Moeti.

Et le virus a fait jeudi sa première victime, depuis son apparition en décembre en Chine, dans un des camps de migrants sordides et surpeuplés des îles grecques de la mer Egée : un homme de 35 ans originaire du Yémen y a en effet été testé positif.

Abribus intelligents

Les mesures de précaution se multiplient parallèlement dans les pays qui avaient, dans un premier temps, réussi à maîtriser l'épidémie.

La Nouvelle-Zélande, jusqu'ici peu touchée, envisage ainsi de prolonger le confinement de trois jours actuellement en vigueur dans sa plus grande ville, Auckland. Et la première ministre, Jacinda Ardern, envisage un report des élections législatives prévues pour le 19 septembre.

Souvent citée comme un modèle dans la gestion de la crise sanitaire avec une stratégie très poussée de traçage, la Corée du Sud a installé des abribus innovants, équipés de lampes à rayons ultraviolets pour permettre leur désinfection.

Dans une dizaine d'arrêts à Séoul, les voyageurs doivent désormais se tenir devant une caméra thermique et la porte ne s'ouvre que si leur température est inférieure à 37,5 degrés Celsius.

La Corée du Nord intensifie de son côté aussi la lutte contre le nouveau coronavirus. Contrôles de température, solutions hydroalcooliques et masques sont mis à la disposition des usagers des transports en commun à Pyongyang.

Ce pays, dont le système médical notoirement défaillant est particulièrement vulnérable, a affirmé ne pas avoir enregistré de cas de COVID-19.

Se voulant rassurante, après que la Chine a annoncé avoir découvert le coronavirus à l'origine de cette maladie sur des aliments importés, l'OMS a pour sa part dit jeudi ne pas craindre une transmission par la nourriture.

«Spoutnik V»

Parallèlement aux restrictions, la course aux vaccins continue.

L'Amérique latine est dans les blocs de départ pour produire d'urgence le prochain vaccin, qu'il vienne de Russie ou d'Europe.

L'Argentine et le Mexique fabriqueront et distribueront le futur vaccin contre le coronavirus préparé par le laboratoire anglo-suédois AstraZeneca et l'université d'Oxford.

Le Mexique, le 3e pays le plus endeuillé avec 54 666 décès, a de son côté conclu un accord avec l'Américain Janssen Pharmaceuticals et les Chinois CanSino Biologics et Walvax Biotechnology.

Le Brésil, le 2e pays pour le bilan des morts — 104 201 —, mise quant à lui sur la Russie et son vaccin Spoutnik V, dont l'efficacité est pourtant sujette à caution.

À la surprise générale, le président russe Vladimir Poutine avait affirmé mardi que son pays avait mis au point le «premier» vaccin, alors même que les essais cliniques ne sont pas terminés.

Quant à l'Union européenne, elle a annoncé avoir réservé au nom de ses États membres jusqu'à 400 millions de doses du potentiel vaccin contre la COVID-19 mis au point par l'Américain Johnson & Johnson.

L'OMS a de son côté appelé à un financement urgent du dispositif international créé pour accélérer l'accès aux outils de lutte contre la COVID-19, l'Accélérateur ACT, visant à assurer à tous les pays un accès équitable aux tests, traitements et vaccins.

À cet égard, le gouvernement de Donald Trump a assuré jeudi que si un vaccin expérimental faisait ses preuves, il serait distribué gratuitement aux Américains.