À Stockholm, des consultations entre le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong Ho, son homologue suédoise Margot Wallström et le premier ministre suédois Stefan Löfven, entamées jeudi, devaient s’achever vendredi.

Corée du Nord: fin des consultations en Suède

STOCKHOLM - Les consultations entre hauts responsables de Corée du Nord et de Suède, pays qui représente les intérêts américains à Pyongyang, se sont conclues samedi à Stockholm sans annonce d’avancée concrète sur un possible sommet Trump-Kim.

Rencontres de haut niveau et échanges téléphoniques au sommet se sont succédé depuis jeudi pour concrétiser le sommet historique annoncé, mais toujours pas formellement confirmé entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Aucun contact direct entre les deux ennemis n’a encore eu lieu, et ni la date ni le lieu n’ont été fixés pour cette rencontre censée porter sur l’avenir du programme nucléaire nord-coréen après des mois d’escalade.

Depuis Washington, Donald Trump a appelé vendredi son homologue sud-coréen Moon Jae-in, dont le gouvernement a transmis la semaine dernière la proposition de sommet attribuée à Kim Jong Un, immédiatement acceptée par le président américain.

Ce dernier a «réitéré son intention de rencontrer Kim Jong Un d’ici la fin du mois de mai», a rapporté la Maison-Blanche.

Donald Trump a exprimé avec Moon Jae-in un «optimisme prudent» et les deux hommes ont estimé que la Corée du Nord aurait «un avenir meilleur» en suivant «le bon chemin» vers sa dénucléarisation.

À Stockholm, des consultations entre le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong Ho, son homologue suédoise Margot Wallström et le premier ministre suédois Stefan Löfven, entamées jeudi, devaient s’achever vendredi, mais les deux parties ont décidé de prolonger pour profiter de «l’atmosphère constructive», selon Mme Wallström, de ces discussions.

Lesquelles discussions se sont conclues samedi sans annonce concrète. Les Suédois se montrent des plus prudents sur les chances de cette médiation d’aboutir dans un conflit qui alterne détente et pics de tension extrêmes depuis la guerre de Corée (1950-53).

Les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont «discuté des opportunités et des défis» s’offrant aux pays concernés «dans les efforts diplomatiques conduits pour trouver une solution pacifique au conflit» sur la péninsule coréenne, indique simplement un communiqué final du ministère suédois.

Missiles et situation humanitaire

La Suède, dont l’ambassade à Pyongyang représente les intérêts américains, mais aussi canadiens et australiens, «a souligné la nécessité pour la Corée du Nord d’abandonner son programme d’armes et de missiles nucléaires».

Les discussions ont également abordé la situation humanitaire en Corée du Nord, frappée par de multiples sanctions votées au Conseil de sécurité des Nations unies, ces mêmes sanctions, ainsi que «la coopération régionale et les questions de sécurité pour des pays parmi lesquels la Corée du Sud, le Japon, la Russie, la Chine et les États-Unis».

Le ministre nord-coréen, qui resterait dans la capitale suédoise jusqu’à dimanche selon des médias japonais, n’a fait aucune déclaration.

Basé dans la capitale suédoise, l’Institut international de recherche sur la paix (SIPRI), un organisme indépendant spécialisé dans les questions de sécurité, de désarmement et de résolution des conflits, a par ailleurs indiqué que M. Ri avait rencontré le directeur de son conseil de gouvernance, Jan Eliasson, ancien ministre suédois des Affaires étrangères et vice-secrétaire général des Nations unies (2012-2016), ainsi que son directeur, Dan Smith.

«Leurs échanges sur la situation dans la péninsule coréenne et l’Asie du Nord-est n’ont pas vocation à être rendus publics», a précisé le SIPRI dans un courrier électronique à l’AFP.

Partie prenante des consultations en Suède, Choe Kang Il, directeur général adjoint du département Amérique du Nord au ministère nord-coréen des Affaires étrangères, est attendu dimanche en Finlande, selon des médias finlandais.

La Finlande, où doivent être organisées à une date non connue des tables rondes avec des membres de la société civile destinées à «examiner la situation en Asie du nord-est», a indiqué à l’AFP une source du ministère finlandais des Affaires étrangères. Ces réunions «n’ont aucun lien avec la visite du ministre nord-coréen des Affaires étrangères en Suède», a toutefois précisé cette source.