Jeudi, Donald Trump a profité d'une conférence à la Maison-Blanche pour dénoncer la «malhonnêteté» des médias.

Contacts avec la Russie: Trump dément tout

Le président américain Donald Trump a formellement démenti jeudi les informations sur des contacts répétés l'an dernier entre son équipe de campagne et le renseignement russe, ainsi que des discussions entre son ex-conseiller à la sécurité nationale et un diplomate russe.
«Ce ne sont que des fausses informations», a déclaré M. Trump lors d'une conférence de presse.
«Vous pouvez dire ce que vous voulez sur la Russie, ce sont de fausses informations fabriquées pour compenser la défaite des démocrates, et la presse joue le jeu», a-t-il ajouté, en prenant la défense de ses anciens conseillers.
Il a indiqué avoir rencontré certains de ses proches «qui seraient soi-disant impliquées dans tout ça». «Ils ne savent rien. Ils n'étaient pas en Russie. Ils n'ont jamais passé de coup de fil à la Russie. Ils n'ont jamais reçu d'appel téléphonique».
Évoquant son conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, qui a démissionné lundi pour avoir évoqué les sanctions contre la Russie dans des discussions avec l'ambassadeur russe à Washington fin décembre, M. Trump a assuré que M. Flynn «faisait juste son travail».
«La seule chose c'est qu'il ne l'a pas dit convenablement à notre vice-président et qu'ensuite il ne s'en est pas souvenu».
Quant à son ex-directeur de campagne Paul Manafort, qui avait démissionné 11 semaines avant le scrutin du 8 novembre après des révélations selon lesquelles il aurait été payé par le gouvernement ukrainien pro-russe de Viktor Ianoukovitch, il «représentait le gouvernement ukrainien» mais «tout le monde le savait». Et il a dit qu'il «n'avait rien à voir avec la Russie», selon M. Trump.
«Quant à moi, je ne possède rien en Russie. Je n'ai pas de prêts en Russie. Je n'ai aucun accord en Russie», a-t-il ajouté. «Je n'ai rien à voir avec la Russie».
Presse «malhonnête»
Le président en a profité jeudi pour dénoncer la «malhonnêteté» de la presse au cours d'une conférence de presse à la Maison-Blanche où suintait une hostilité évidente entre le président et les journalistes.
«Le niveau de malhonnêteté (des médias) est hors de contrôle», a lancé le président américain, multipliant les attaques contre les médias tout au long d'un échange acrimonieux qui a duré plus d'une heure et quart.
«La presse est devenue si malhonnête que si nous n'en parlons pas, cela dessert énormément le peuple américain» a-t-il affirmé.
«La plupart des médias à Washington, New York et Los Angeles ne parlent pas pour le peuple mais pour les intérêts particuliers et pour ceux qui profitent d'un système cassé de manière très, très évidente», a martelé Donald Trump, qui a concentré une grande partie de ses attaques contre ses cibles favorites: le New York Times et la chaîne CNN.
«Il y a tellement de colère et de haine» sur CNN a déploré Donald Trump que «je ne la regarde plus».
Certains journalistes présents n'ont pas hésité à affronter directement le président. L'un d'eux a par exemple rappelé à Donald Trump que son affirmation selon laquelle il est le président le mieux élu était fausse puisque Barack Obama et George H.W. Bush ont remporté davantage de votes au collège électoral.
«Je ne sais pas. C'est ce qu'on m'a dit», a concédé le milliardaire républicain.
Le ton très accusateur du milliardaire a toutefois séduit la frange conservatrice de l'opinion américaine. «Trump se paye la presse» s'est exclamé Drudge Report, site d'informations en ligne très populaire chez les conservateurs.
«J'attendais depuis 40 ans qu'un président fasse ce que Trump a fait aux médias aujourd'hui», a déclaré un auditeur dans l'émission radio de Joe Walsh, a rapporté l'animateur très marqué à droite sur son compte Twitter.
Donald Trump a souvent répété que sa défiance vis-à-vis des médias l'incitait à s'adresser directement aux Américains, notamment par le biais de son compte Twitter.
«Je suis ici une nouvelle fois pour faire passer mon message directement au peuple» américain, a dit le président pendant la conférence de presse, ajoutant que s'il le voulait il serait «un très bon reporter».