Joe Biden et Bernie Sanders s'échangeant une poignée de mai avec le coude lors d'un débat le 15 mars.

Comment la COVID-19 a transformé la campagne présidentielle américaine

À la mi-février, les chances de réélection de Donald Trump semblaient plutôt bonnes. L’économie américaine se portait à merveille. Le Parti démocrate se déchirait. Et puis, l’épidémie de coronavirus a commencé...

Février 2020. Il y a un mois. Autant dire l’équivalent d’une éternité et demi en politique. L’économie américaine tourne à plein régime. Le taux de chômage est tombé à 3,5 %, du jamais vu depuis... 1969! Le 12 février, à la Bourse de New York, le Dow Jones frôle les 30 000 points. Depuis le creux historique de mars 2009, l’Indice a augmenté de 451 %!(1)

Faut-il commander le champagne? Dans l’entourage du président Trump, on se frotte les mains. Aux États-Unis, la réélection d’un président ne se prévoit pas en scrutant les astres ou les entrailles de poulet. Plutôt en consultant les chiffres de l’économie.(2) Mine de rien, les 11 derniers présidents qui ont sollicité un second mandat durant une période de croissance ont été réélus…(3)

L’arrogance du président Trump n’a d’égale que celle du coq persuadé que son chant matinal provoque le lever du soleil. «Depuis que j’ai gagné les élections, la Bourse a bondi de plusieurs milliers de points et toutes sortes de [bonnes] choses ont commencé à se produire, a-t-il expliqué. Ça sera la même chose en 2020. Vous n’avez pas le choix de voter pour moi, sinon votre régime de retraite et tous [vos placements] vont s’effondrer. Que vous me haïssiez ou non, vous n’avez pas d’autre choix que de voter pour moi.»(4)

Le vice-président exécutif de LHC Group Inc. Bruce Greenstein présente son coude alors que le président américain Donald Trump tend la main lors d'une conférence de presse sur la COVID-19 à la Maison Blanche le 13 mars 2020.e

Les déchirements des démocrates ne font rien pour entamer la confiance présidentielle. On jurerait que le candidat favori, l’ancien vice-président Joe Biden, s’est désintégré. Le 11 février, lors de la primaire du New Hampshire, Biden a terminé au cinquième rang, avec 8,4% de suffrages. Le nouveau meneur, Bernie Sanders, veut faire des États-Unis un État socialiste à la suédoise. Mais à 79 ans, le «révolutionnaire» semble fragile. N’a-t-il pas eu une crise cardiaque, en octobre?(5)

À la mi-février, la machine électorale de Donald Trump ressemble à un bolide flambant neuf dont le moteur rugit sur la ligne de départ. Le président vient d’amasser un «trésor de guerre» de 200 millions $.(6) Il a déjà rebaptisé le démocrate Bernie Sanders «Crazy Bernie» [Bernie le fou] ou le «communiste». Plus subtil, tu meurs. Pour couronner le tout, les deux tiers des électeurs prédisent sa réélection.(7)

Et c’est alors que l’épidémie de coronavirus a commencé. Comme un éclair dans un ciel bleu.

La faute au virus «étranger»

Au début, le président ne prend pas la mesure de la gravité de la crise. Il fait le fanfaron. Il accuse les médias de vouloir créer une panique boursière pour nuire à ses chances de réélection. Il évoque même un «canular démocrate». Il se fâche contre les experts de la santé publique pour leurs déclarations «alarmistes». «Nous avons contenu l’épidémie», triomphe son conseiller économique Larry Kudlow, le... 25 février.(8)

Les 8 et 9 mars, alors que la crise prend de l’ampleur, le président répète qu’il n’est pas préoccupé. La preuve, il trouve encore le temps de jouer deux rondes de golf! Faut-il pleurer, faut-il en rire? La réaction au coronavirus devient (brièvement) une affaire partisane. Au début du mois de mars, le virus inquiètent 68 % des démocrates, contre seulement, 32 % des républicains.(9)

Les alliés du président ajoutent à la confusion. L’animateur de radio Rush Limbaugh, qui vient de recevoir la médaille présidentielle de la liberté, répète que le coronavirus est «la même chose que le rhume». (10) Le 10 mars, lorsque les démocrates commencent à suspendre leurs événements publics, ils se font ridiculiser par la porte-parole de la campagne Trump 2020, Kayleigh McEnany. Madame affirme que Joe Biden se cherche une excuse pour interrompre sa campagne.(11) Elle soupçonne aussi les médias de vouloir empêcher Donald Trump de tenir des assemblées.(12)

La crise finit pourtant par devenir incontournable. À travers le pays, on manque de tests de dépistage. Des centaines de personnes confondent leurs symptômes avec ceux du rhume ou de la grippe, au risque d’en contaminer d’autres. Moins de 5000 Américains ont alors passé un test de dépistage. Quarante fois moins qu’en Corée du Sud.(13)

Après avoir évoqué un virus «étranger», le président tente de reprendre l’initiative.(14) Le 11 mars, il s’adresse au peuple américain lors d’une allocution télévisée. Mais son discours truffé d’erreur contribue à alimenter la panique.(15) Le président suggère notamment que les marchandises européennes n’entreront plus aux États-Unis, ce qui est inexact.

Le coronavirus a réussi un exploit que tous les événements des cinq dernières années n’avaient pas réussi à accomplir. Faire passer la prochaine élection présidentielle au second plan.

Pas grave. Plus tard, Donald Trump se décerne tout de même une note de 10 sur 10 pour sa gestion de la crise.(16)

Encore un peu, et l’élève modèle Trump exigerait une étoile et un coeur sur sa copie.

Moi, Joe Biden le miraculé

Entre-temps, un véritable séisme politique a commencé à secouer le camp démocrate.

À la mi-février, on se souviendra que la campagne de l’ancien vice-président, Joe Biden, ressemble à un poisson flottant le ventre en l’air, dans le sens du courant. L’argent, le personnel, l’enthousiasme, tout commence à manquer. Le candidat doit limiter ses déplacements, faute de moyens. Il n’a plus assez d’argent pour diffuser des publicités à grande échelle, en dehors des réseaux sociaux.(17)

En désespoir de cause, Joe Biden mise tout sur la primaire de Caroline du Sud, le 29 février. De toute manière, il ne peut plus sillonner le pays. Autant livrer le combat ultime dans un État qu’il présente comme sa forteresse. À la veille du vote, il résume la situation : «Nous avons le choix. Une grande victoire ou une grande défaite. Tout ou rien.»(18)

Contre toute attente, Joe Biden remporte la primaire de la Caroline du Sud avec plus de 30 points d’avance sur son plus proche rival, Bernie Sanders. Plus qu’une surprise. Un miracle. Au passage, on note qu’il récolte plus de 60 % du vote des Noirs, un électorat crucial pour le Parti.(19) Le vent tourne. Au cours des trois jours suivants, la campagne Biden amasse plus d’argent que durant les trois derniers mois de l’année 2019.(20)

En l’espace de deux semaines, la course démocrate se retourne comme un gant. Les uns après les autres, les candidats «modérés» se rallient à Biden, celui qu’on surnommait naguère «Joe la gaffe». Le 3 mars, lors du Super mardi, il remporte 10 des 14 primaires, incluant celle du Texas. Grâce à l’appui d’une rivale, il triomphe même dans l’État du Minnesota. Un comble, quand on sait que Biden n’y a pas fait campagne et qu’il n’y a pas dépensé un sous en publicité électorale!

Joe Biden ressemble au gars chanceux qui vient de deviner le résultat 285 fois de suite en jouant à pile ou face. Et ça continue. Quelques jours plus tard, la propagation du coronavirus donne le coup de grâce à la campagne de Bernie Sanders. La politique devient soudain une affaire virtuelle. Adieu le porte à porte, les contacts avec les électeurs, les assemblées publiques. Le pauvre Sanders en est réduit à donner des entrevues en ligne, à côté de son poêle…

Pour voir la discussion au coin du feu de Bernie Sanders.

De l’avis général, la primaire démocrate est terminée, même si elle se poursuivra théoriquement jusqu’en juin. Le 15 mars, les deux candidats participent à un ultime débat télévisé. Signe des temps, le public est absent et les protagonistes se tiennent à deux mètres de distance.(21) En lieu et place de la traditionnelle poignée de mains, ils se saluent en se frappant le poing. Un geste plus «hygiénique» qui échangerait 10 fois moins de bactéries que la poignée de main.(22)

Bernie Sanders tire ses dernières salves. «La moitié de la population vit d’un chèque de paye à l’autre. Que va-t-il leur arriver? demande-t-il. Rien à faire. Joe Biden semble intouchable. En l’espace d’un mois, il est passé du statut de mort-vivant politique à celui de champion du Parti, avec pour mission de terrasser le «dragon» Donald Trump.

Par moment, le miraculé semble avoir de la difficulté à y croire lui-même...

En l’espace d’un mois, l’épidémie de coronavirus a tout chamboulé. L’économie tourne au ralenti. Le chômage explose. Le Dow Jones a perdu un tiers de sa valeur.

Le Tchernobyl de Donald Trump?

En l’espace d’un mois, l’épidémie de coronavirus a tout chamboulé. L’économie tourne au ralenti. Le chômage explose. Le Dow Jones a perdu un tiers de sa valeur. La croissance est revue à la baisse. Souvenez-vous qu’en Amérique, on ne prédit pas le résultat des élections présidentielles en scrutant les astres ou les entrailles de poulet. Plutôt en consultant les chiffres de l’économie. Et il faut remonter à 1924 pour trouver un président réélu durant une période de ralentissement économique… (23)

Le coronavirus a réussi un exploit que tous les événements des cinq dernières années n’avaient pas réussi à accomplir. Faire passer la prochaine élection présidentielle au second plan.(24) L’Amérique prend peur. Soudain, malgré les milliards $ injectés dans l’économie, on se demande si le pays est bien outillé pour affronter l’épidémie. On estime que 47 % des Américains ont accès à moins de 400 $ pour parer à un coup dur. (25) Sans parler des millions de travailleurs qui n’ont pas droit à des congés de maladie ou qui n’ont pas d’assurance-santé.

Un jour, la politique reprendra ses droits. Mais quand? En coulisses, du côté démocrate, on se demande si Joe Biden parviendra à mobiliser les partisans de Bernie Sanders, qui rêvaient d’une «révolution». La dernière fois, en 2016, environ 12 % avaient fini par appuyer Donald Trump. (26) Du côté républicain, des stratèges craignent que le coronavirus domine tellement l’actualité qu’il détourne l’attention des faiblesses ou des gaffes de Joe Biden (voir autre texte).

Certains adversaires de Donald Trump crient victoire.(27) Les plus excités assurent que l’épidémie constitue le «Tchernobyl» du président, en référence au désastre nucléaire qui a contribué à l’effondrement de l’Union soviétique, en 1986.(28) «La présidence de Trump est finie», claironne un chroniqueur du magazine The Atlantic. (29) Mais ceux-là ont la mémoire courte. Si le paysage politique a été complètement bouleversé en l’espace d’un mois, qui pourrait prédire son aspect en novembre prochain, l’équivalent d’une éternité et demi en politique?

De l’avis général, la primaire démocrate est terminée, même si elle se poursuivra théoriquement jusqu’en juin.

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M. «Blanc de mémoire» contre M. «Instable»?

À quoi pourrait ressembler une campagne présidentielle entre Joe Biden, et Donald Trump? Jusqu’ici, leurs échanges ne volent pas très haut. Petit voyage au pays de la cruauté politique, là où tous les coups sont permis.

Le démocrate Joe Biden s’est déjà décrit comme une «machine à gaffe». (30) Et l’âge n’arrange pas les choses. À 77 ans, il cherche parfois ses mots. Son débit apparaît plus lent. La fatigue aidant, les moments de gêne se multiplient. L’an dernier, il a oublié le nom de... Barack Obama. (31) En septembre, en réponse à une question sur le racisme, il s’est lancé dans un monologue incompréhensible. «[…] Faites jouer la radio. Assurez-vous que la télévision — non, excusez-moi — assurez-vous que l’enregistreuse fonctionne le soir. Le téléphone, assurez-vous que les enfants entendent les mots. […]»(32)

Docteur, est-ce grave? Plus récemment, Joe Biden n’a rien fait pour calmer les inquiétudes. Un soir, il a confondu sa sœur et son épouse, sur une estrade. Une autre fois, il a déclaré que les armes à feu avaient fait 150 millions de victimes aux États-Unis, depuis 2007. On ne compte plus les jours où il a confond le jeudi et le mardi. Ni ceux où il déclare qu’il se présente au Sénat, plutôt qu’à la présidence. (33)

Il n’en fallait pas plus pour que des chroniqueurs rebaptisent le candidat démocrate «Dementia Joe» ou «Joe-mentia». (34) Sans aller aussi loin, le président Trump a rajouté son grain de sel. «Une chose incroyable s’est produite mardi, même si Joe Biden croyait que nous étions jeudi, s’est-il amusé, au lendemain du “Super mardi”. Il y a définitivement quelque chose qui ne tourne pas rond chez ce gars-là.» […] S’il est élu, il vont le placer en résidence et d’autres personnes vont gouverner le pays à sa place.»(35)

«Déclin cognitif»

Rira bien qui rira le dernier. À 73 ans, le président Trump n’est pas à l’abri des coups bas sur son âge. En décembre, 350 professionnels de la santé ont écrit au Congrès pour s’inquiéter de son «déclin cognitif». (36) Dans un livre intitulé A Warning [Un avertissement], un haut fonctionnaire anonyme prétend sonner l’alerte. «Le président bafouille, il jure, il devient confus, il s’emporte facilement et il a de plus en plus de difficulté à synthétiser l’information. Ça n’a rien d’occasionnel. Ça se produit continuellement,» peut-on y lire. (37)

Un peu partout, on trouve désormais des montages vidéo qui rassemblent les «meilleurs» bafouillages du président. On peut l’entendre répéter plusieurs fois «oranges» au lieu d’«origines». On le voit qui surnomme le pdg d’Apple, «Tim Apple», au lieu de «Tim Cook». Une mention spéciale à un long monologue au cours duquel il semble délirer sur les éoliennes, le cancer et les cimetières d’oiseaux... (38)

Il faut dire qu’en négligeant de fournir des rapports médicaux crédibles, les candidats d’aujourd’hui encouragent toutes les fabulations. On est loin de l’année 2008, alors que le républicain John McCain avait rendu public un bilan médical de 1000 pages. Sans parler des années 50, une époque au cours de laquelle les médecins multipliaient les rapports maniaques sur l’état de santé du président Dwight Eisenhower, incluant le fonctionnement détaillé de ses intestins. À ne surtout pas lire durant le déjeuner. (39)

Peut-on descendre encore plus bas? Apparemment, oui. Sous le couvert de l’anonymat, un organisateur démocrate prédit que la campagne de 2020 opposera «le gentil p’tit vieux qui souffre d’Alzheimer contre le méchant pépère atteint de démence». (40) Bref, ça promet. Pour l’instant, la palme de la cruauté appartient à l’animateur Tucker Carlson, sur Fox News, avec cette blague cruelle. «Joe Biden a essayé toute sa vie d’être candidat à la présidence. Quel dommage qu’il ne soit plus là pour en profiter.» (41) Jean-Simon Gagné


NOTES

(1) Dow Jones Industrial Average — Historical Annual Data,

www.macrotrends.net

(2) «Can the Economy Predict the Next President? Yes, if History is Any Indication», USA Today, 13 mars 2020.

(3) «What the Economy Tells Us About Trump’s Reelection Odds», VOX, 7 février 2020.

(4) «You Have No Choice But to Vote For Me,’ Trump Tells N.H. Rally», Politico, 15 août 2019.

(5) «Bernie Sanders Suffered a Heart Attack Earlier This Week»,

The Washington Post, 4 octobre 2019.

(6) «Flush With Cash and Confident After Impeachment, 

Trump Campaign Revs Up the Road Show», Los Angeles Times

 14 février 2020. 

(7) Most Expect Trump Will Be Reelected; Sanders Overtakes

Biden Among Dem Voters, Monmouth University Polling Institute,

11 février 2020.

(8) Larry Kudlow Says US Has Contained the Coronavirus and the Economy is Holding up Nicely, CNBC, 25 février 2020.

(9) «How Concerned Are Americans About Coronavirus So Far?» Fivethirtyeight.com, 13 mars 2020.

(10) «Rush Limbaugh on Coronavirus: “The Common Cold That’s Being Weaponized Against Trump”, The Washington Post, 25 février 2020.

(11) «The Suburbs, Young Voters, The Trump Base and More of What Mattered in Tuesday’s Primaries», The Washington Post, 11 mars 2020.

(12) Kayleigh McEnany Sees «No Difference» Between Biden

and Sanders, Defends Trump’s Response to Coronavirus,

video.foxnews.com, 16 mars 2020

(13) «The US Decided to Make its Own Coronavirus Test, but the Process Was Plagued by Errors and Delays. Here’s a Timeline of What Went Wrong», Business Insider, 11 mars 2020.

(14) «Trump and Beijing Agree on the Coronavirus Crisis: It’s Someone Else’s Fault», cnn.com, 18 mars 2020.

(15) «Fact check: Trump Makes Four Key Errors or Omissions in Europe Travel Announcement», ccn.com, 12 mars 2020.

(16) «Trump On His Response To Coronavirus: ‘I’d Rate It A 10’», huffingtonpost.ca, 16 mars 2020.

(17) «How Biden Came Back», The Atlantic, 7 mars 2020.

(18) «Joe Biden’s firewall held in South Carolina. Here’s how he won», The State, 1er mars 2020.

(19) «Biden got nearly two-thirds of the black vote in South Carolina», VOX, 1er mars 2020.

(20) «How Biden Came Back», The Atlantic, 7 mars 2020.

(21) «The Biden-Sanders Debate and the Virtual End of the 2020 Democratic Primary», The New Yorker, 16 mars 2020.

(22) «Coronavirus Is A Big Problem For The Sanders And Biden Campaigns», fivethirtyeight.com, 11 mars 2020.

(23) Une très légère récession était survenue en 1924.

(24) «Last Stop, Joe Biden», The New Yorker, 11 mars 2020.

(25) «The Secret Shame of Middle-Class Americans»,

The Atlantic, mai 2016.

(26) «Here’s How Many Bernie Sanders Supporters Ultimately

Voted For Trump», fivethirtyeight.com, 24 août 2019.

(27) «“A Tweet Can’t Knock Over a Pandemic”: Has Trump Met His Match in Coronavirus?» The Guardian, 10 mars 2020.

(28) «The Coronavirus is Trump’s Chernobyl», The Washington Post, 9  mars 2020.

(29) «The Trump Presidency Is Over», The Atlantic, 13 mars 2020.

(30) «“I Am A Gaffe Machine”: A History Of Joe Biden’s Biggest Blunders», The Guardian, 25 avril 2019. 

(31) «Biden Appears to Forget Obama’s Name in Latest blunder», Fox News, 30 août 2019. Vidéo : https://video.foxnews.com/v/6079949740001#sp=show-clips

(32) «2020 Becomes the Dementia Campaign», Politico, 7 mars 2020.

(33) «Why Is The Media Gaslighting Everyone About Joe Biden?»

The Week, 13 septembre 2019.

(34) «Going Low», medium.com, 8 mars 2020.

(35) «2020 Becomes the Dementia Campaign», Politico, 7 mars 2020.

(36) «Trump Attacks Biden’s Cognitive Health in Possible General-Election Preview», The Guardian, 6 mars 2020.

(37) A Warning. Anonymous, Hachette, 2019.

(38) Le montage du Daily Show : https://www.facebook.com/thedailyshow/videos/249744156044036

(39) «Getting to The Hearth Of Presidential Fitness: How Much Do We Need to Know?» Kaiser Health News, 24 février 2020.

(40) «2020 Becomes the Dementia Campaign», Politico,

7 mars 2020.

(41) Tucker Carlson: The Dem Establishment Is Overjoyed About Biden’s Surge Because He’s Weak and Can Be Controlled, Fox News,

­5 mars 2020.