Le gouverneur de la Californie, Jerry Brown, a été parmi les premiers à dénoncer le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, annoncé jeudi par le président Trump.

Climat: la Californie prête à mener la lutte

La Californie a la ferme intention de combler le vide laissé par la Maison-Blanche dans la lutte contre le changement climatique, a assuré le gouverneur de l'État, Jerry Brown, qui s'est rendu vendredi en Chine pour une visite centrée sur l'environnement.
Dès le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat connu, le gouverneur Brown a condamné cette décision du président Donald Trump et s'est engagé à continuer à promouvoir des politiques climatiques ambitieuses.
«Donald Trump a absolument choisi la mauvaise voie. Il a tort sur les faits [...] Il a tort sur la réalité scientifique», a dit Jerry Brown avant d'embarquer pour un voyage d'une semaine en Chine.
«La Californie résistera à cette décision erronée et insensée», a ajouté cet homme politique de 79 ans, défenseur de longue date de l'environnement. «Trump a déserté, mais la Californie est sur le terrain, prête au combat».
Les experts estiment que la Californie, qui représente l'équivalent de la sixième économie mondiale, est bien placée pour prendre le relais sur la scène internationale en raison de ses politiques agressives sur le climat.
«Phare du bon sens»
«La Californie a déjà un bilan remarquable de pionnier sur le changement climatique, en particulier sur les réglementations liées au changement climatique, et elle a l'objectif le plus ambitieux en matière de climat aux États-Unis», juge Cara Horowitz, co-directrice de l'Institut Emmet sur le changement climatique et l'environnement à l'Université UCLA.
La Californie «a d'une certaine manière servi de phare du bon sens pour les Etats-Unis et à travers le monde sur la politique climatique», ajoute-t-elle.
Cet État, dont la qualité de l'air compte parmi les pires des États-Unis, a considérablement réduit ses émissions de gaz à effet de serre au cours de la décennie écoulée.
Les autorités californiennes se sont engagées à réduire leurs émissions à leurs niveaux de 1990 d'ici 2020, et à 40 % de moins que les niveaux de 1990 d'ici 2030.
La Californie a également décrété ses propres normes d'émissions pour les véhicules, adoptées par plus d'une douzaine d'autres États et qui vont au-delà des normes fédérales.
En outre, la Californie a ouvert la voie à la promotion de l'énergie solaire et des voitures électriques et possède la plus grande flotte de véhicules sans émissions du pays.
«À certains égards, la Californie a mené le mouvement [...] et le gouverneur, par la force de la volonté et de la passion, continuera d'accélérer ce travail», assure Evan Gillespie, directeur adjoint du Sierra Club, où il supervise un programme d'énergie propre.
«Je pense que le gouvernement à Washington n'a fait que renforcer le public et les élus [californiens] dans leur volonté de faire encore plus».
Pas de retour en arrière
Les problèmes de qualité de l'air en Californie et sa réputation de pionnier vert font qu'il n'y a pas de retour en arrière possible pour cet État, disent les experts.
Les politiques environnementales sont déjà «imbriquées dans notre économie», explique Evan Gillespie. «Le coût [d'un retour en arrière] est trop élevé non seulement du point de vue du climat, mais aussi d'un point de vue économique».
Malgré l'aspect dramatique de la décision de Donald Trump de se retirer de l'accord de Paris et la volonté de son administration de saper les politiques d'énergie propres, les experts estiment que les États et les villes prendront toujours leurs propres décisions sur toute une série de sujets, y compris le climat, et la Californie est un exemple particulièrement flagrant.
«Le monde va maintenant regarder la Californie, la Chine, l'Union européenne et d'autres qui sont prêts à prendre le relais pour mener le mouvement», note Cara Horowitz.
«La Californie est certainement à l'avant-garde de la politique climatique des États-Unis et il y a une énorme volonté politique pour que cela continue», conclut-elle.
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Quatres États de la Nouvelle-Angleterre gardent le cap
Les gouverneurs de quatre États de la Nouvelle-Angleterre - dont deux républicains - se sont joints, vendredi, à une coalition multipartite d'États déterminés à respecter les cibles de l'accord de Paris sur le climat.
La veille, le président républicain Donald Trump annonçait que les États-Unis se retiraient de l'accord, qui a recueilli l'appui de près de 200 pays et qui vise à ralentir le réchauffement de la planète.
Le gouverneur républicain du Massachusetts, Charlie Baker, a déclaré vendredi qu'il avait décidé de s'allier à son collègue républicain du Vermont, Phil Scott, et au gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, pour respecter les cibles de diminution des gaz à effet de serre (GES) prévus dans l'Accord de Paris.
En 2008, les élus du Massachusetts avaient adopté une loi obligeant l'État à diminuer ses émissions de GES d'au moins 80 pour cent d'ici 2050, selon les niveaux de 1990.
Phil Scott, du Vermont, s'est aussi joint à l'initiative, qui a été lancée par les gouverneurs démocrates de la Californie, de New York et de Washington.
M. Scott a souligné que son État était un chef de file en matière de politiques environnementales et que la décision du président n'avait que «renforcé leur engagement».
«Si notre gouvernement national n'est pas ouvert à diriger sur ce plan, les États sont prêts à [le faire]», a-t-il déclaré.
Le gouverneur du Connecticut, Dannel P. Malloy et celle du Rhode Island, Gina Raimondo - tous deux démocrates - font aussi partie de l'initiative.