Les secouristes marchent avec prudence. Un pas de travers et toute la jambe s’enfonce dans cette masse visqueuse dont on ne connait pas encore la toxicité.

Catastrophe au Brésil: le groupe Vale sous pression

BRUMADINHO, Brésil — Le gouvernement et la justice accentuaient la pression mardi sur le groupe minier Vale, exigeant des explications sur la rupture du barrage de Brumadinho, en aval duquel la masse de boue commençait à rendre de nombreux corps.

Cinq ingénieurs ont été placés en détention préventive dans le cadre de l’enquête pour établir les responsabilités de la tragédie de vendredi dernier, qui a fait au moins 65 morts et 288 disparus, selon le dernier bilan officiel.

Trois de ces ingénieurs sont des employés de Vale et les deux autres de la société allemande TÜV SÜD, qui avait délivré en septembre un certificat de stabilité du barrage.

«Maintenant, il faut punir, et punir vraiment», a affirmé lundi soir le vice-président Hamilton Mourao, qui exerce la présidence tandis que Jair Bolsonaro récupère d’une opération.

«Les amendes, qui font mal au portefeuille, ont déjà été infligées. Mais s’il y a vraiment eu négligence ou imprudence de la part de certaines personnes de cette entreprise [Vale], elles doivent répondre pénalement», a-t-il insisté. Environ 4 milliards $ ont déjà été saisis sur les comptes de la compagnie, au titre de réparation.

À Brumadinho, les hélicoptères continuaient d’atterrir avec de nouveaux corps, suspendus dans de grands filets noirs.

La chaleur de l’été fait remonter l’odeur fétide des dépouilles enterrées dans la boue.

«La boue est encore trop liquide, mais avec l’évaporation les sédiments descendent et les corps remontent vers la surface», a expliqué le lieutenant-colonel Eduardo Angelo Gomes, commandant du bataillon d’urgence environnementale des pompiers.

Les secouristes marchent avec prudence. Un pas de travers et toute la jambe s’enfonce dans cette masse visqueuse dont on ne connait pas encore la toxicité.

Parfois, ils doivent même ramper, tenant à bout de bras des perches d’environ deux mètres pour se maintenir à la surface.

À Corrego do Feijao, faubourg de Brumadinho où était situé le barrage, on commence à creuser des tombes.

«Je suis dans un film d’horreur. Ce sont des gens avec qui j’ai grandi. Je ne sais pas comment je vais pouvoir surmonter tout ça», a dit à l’AFP Cleyton Candido, 38 ans, devant sa maison, juste à côté du cimetière.