Le nouveau gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez a fait un geste vendredi envers le gouvernement indépendantiste catalan, en levant le contrôle des dépenses imposé depuis septembre à la région.

Catalogne : «hors de question» de parler d’autodétermination, dit Sanchez

MADRID — Le nouveau gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez a fait un geste vendredi envers le gouvernement indépendantiste catalan, en levant le contrôle des dépenses imposé depuis septembre à la région, tout en jugeant «hors de question» de parler d’autodétermination.

«Nous avons décidé que des instructions seraient données aux banques pour que le gouvernement de Catalogne puisse traiter ses paiements sans nécessiter de passer par la supervision du ministère des Finances du gouvernement espagnol», a déclaré la porte-parole du gouvernement et ministre de l’Éducation Isabel Celaa.

Une décision prise dans une volonté de «normalisation» des relations entre Madrid et la Catalogne, a-t-elle ajouté à l’issue du premier Conseil des ministres du gouvernement Sanchez.

Le précédent gouvernement du conservateur Mariano Rajoy avait décidé mi-septembre de renforcer le contrôle des dépenses de la Catalogne à la suite du refus de l’exécutif catalan de lui rendre des comptes pour garantir qu’il n’allouait pas de fonds à l’organisation du référendum d’autodétermination interdit qui a eu lieu le 1er octobre.

Désormais, le gouvernement catalan devra simplement envoyer tous les mois un relevé de ses dépenses au gouvernement central.

En revanche, interrogée sur la possibilité que l’idée d’un référendum d’autodétermination de la Catalogne puisse être abordée dans le cadre de futures discussions entre M. Sanchez et le président indépendantiste catalan Quim Torra, Mme Celaa a martelé que cela était «absolument hors» de question.

M. Sanchez — qui a succédé à M. Rajoy, renversé le 1er juin par une motion de censure socialiste — doit rencontrer prochainement les présidents des 17 régions espagnoles, dont M. Torra.

Ouverts eux aussi à un dialogue avec Madrid, quasi inexistant du temps de M. Rajoy, les indépendantistes semblent avoir revu légèrement à la baisse leurs revendications et renoncé pour l’heure à l’indépendance unilatérale, tentée en octobre quand une «République catalane» avait été proclamée, mais était restée lettre morte.

«Le référendum est l’expression du droit du peuple catalan à l’autodétermination. Si le gouvernement espagnol croit que ce droit peut s’exercer d’une autre manière, nous avons toujours dit que nous étions disposés à écouter», a dit vendredi l’ancien président catalan Carles Puigdemont sur la radio catalane Rac1.

M. Puigdemont, qui attend actuellement en Allemagne la décision de la justice sur la demande d’extradition présentée par l’Espagne, avait réclamé jusqu’en octobre «le référendum ou le référendum».