Le jugement avait été rendu en l’absence des deux prévenus, qui n’avaient pas souhaité être extraits de prison. Déjà lors du procès en février, aucun d’eux n’avait voulu s’expliquer sur les faits.

Bruxelles: Abdeslam ne fait pas appel de sa condamnation

BRUXELLES - Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos jihadistes qui ont attaqué Paris en novembre 2015, a décidé de ne pas faire appel de sa condamnation à 20 ans de prison prononcée en avril en Belgique pour une fusillade avec des policiers en mars 2016 à Bruxelles.

Son avocat Sven Mary a confirmé lundi dans un message à l’AFP une information annoncée par le quotidien belge La Dernière Heure.

«Je confirme», a simplement écrit Me Mary, jugeant «inutile» de commenter davantage la décision de son client.

Le jihadiste français d’origine marocaine âgé de 28 ans avait défié les juges au premier jour du procès à Bruxelles en février, affirmant «placer sa confiance en Allah et c’est tout». Il avait refusé ensuite de comparaître.

«C’est son choix et je me dois de le respecter», a ajouté lundi son avocat à la DH à propos de la décision ne pas aller en cour d’appel.

«Je ne suis convaincu de rien dans ce jugement», avait commenté Sven Mary à l’issue du prononcé le 23 avril.

Salah Abdeslam est le seul membre encore en vie des commandos qui ont fait 130 morts le 13 novembre 2015 à Paris, et suspect-clé dans l’enquête sur ces attentats, les pires jamais commis sur le sol français, revendiqués par le groupe État islamique.

À l’époque de la fusillade à Bruxelles, survenue le 15 mars 2016 dans la commune de Forest, il était l’homme le plus recherché d’Europe et se cachait en Belgique avec des membres de la cellule à l’origine de ces attentats.

Lui et son complice Sofiane Ayari, un jihadiste tunisien de 24 ans, ont été condamnés le 23 avril dernier par le tribunal correctionnel de Bruxelles à 20 ans de prison pour avoir tiré sur des policiers ce jour-là au fusil d’assaut.

La perquisition ayant déclenché l’échange de tirs intervenait dans le cadre de l’enquête franco-belge sur le 13 novembre. Quatre policiers avaient été blessés, et un jihadiste algérien tué en couvrant la fuite d’Abdeslam et d’Ayari.

Conformément aux réquisitions du parquet fédéral, ces derniers ont été reconnus coupables de tentatives d’assassinat à caractère terroriste et port d’armes prohibées, et ont écopé de la peine maximale prévue pour les faits jugés.

Salah Abdeslam, incarcéré en France, disposait d’un délai d’un mois après le jugement pour interjeter appel, tout comme Sofiane Ayari, dont la décision n’a pas encore été annoncée. Pour l’heure, un procès en appel n’est donc pas exclu.

Le jugement avait été rendu en l’absence des deux prévenus, qui n’avaient pas souhaité être extraits de prison. Déjà lors du procès en février, aucun d’eux n’avait voulu s’expliquer sur les faits.

Trois jours après ce raid policier, rue du Dries à Forest, Abdeslam avait été arrêté avec Ayari à Molenbeek, autre commune de Bruxelles où il a grandi et était connu comme petit délinquant avant de se radicaliser autour de ses 25 ans.

Les enquêteurs sont convaincus que cette arrestation a précipité les attentats de Bruxelles, commis par des membres de la même cellule, qui ont fait 32 morts le 22 mars 2016.